ACTE I, SCÈNE VII
EMMA, reconnaissant Lehrasipr.
Lebrasier ! . . . Ah ! quelle chance ! . . . (Elle va ù lui et lui xerre la main.) Vous me regardez. Je me suis remplumée, croyez-vous? Vous, vous n'avez pas changé...
LEBRASIER.
Oh!... oh!...
EMMA
Mais non, vous êtes toujours le même... Que je suis contente! que je suis contente!... Tant pis, il faut que je vous embrasse... Vous permettez?... (Elle l'embrasse à trois ou quatre reprises.) En
voilà une surprise !... Dites, Lebrasier, vous vous rappelez la petite chambre?
LEBRASIER.
Rue Notre-Dame-de-Lorette ?
EMMA
Nous parlons souvent de vous... du temps où Ton dînait à vingt-deux sous... C'était le bon temps, tout de même. Vous n'avez pas oublié?... Ce soir, j'espère que je vais vous faire dîner un peu mieux... car vous dînez avec nous... Si vous refusiez, ce serait un crève-cœur pour moi... Vous acceptez, n'est-ce pas? Comment ça se fait qu'on ne vous a jamais revu?
LEBRASIER.
Ce n'est pas de ma faute.
E.MMA.
Oui... c'est nous... Hein? Y en a-t-il du changement?... Mais vous voyez, on est toujours nous deux... On vous racontera ça, ce soir... Qu'est-ce que vous allez faire jusqu'au dîner?... Venez-vous aux petits chevaux avec moi?
326 MONSlEin l'IKGOIS
LEBRASIER.
Non... .le vous demande la permission... j'ai envie... vous aller me trouver stupidc...