SCENE Mil LA BAUDIÈHK, JOSSAN
JOSSAN, aprcs un Iciiips.
Voilà une femme distinguée.
LA BAUDIÈRE, après une secoinh' d'hi'-silalitm.
N'est-ce pas?... (Ua temps. i Mon cher, je vais vous dire juste le contraire de ce que je devrais dire à un acheteur ordinaire... tant je suis sûr que vous n'abuserez pas de ma conhdence.
JOSSAN.
Mais dites, dites...
LA BAUDIÈRE.
En achetant Sauveterre, vous ferez non seulement une bonne affaire, mais une bonne action.
Comment?
LA BAUDIÉIU-:.
Mon neveu et ma nièce sont obligés de vendre parce qu'ils sont complètement ruinés.
JOSSAN.
Ah!
LA BArDIi:RE.
\in outre, ils divorcent pour des histoires dont je vous épargne le récit. Cette propriété de Sauveterre est tout ce qui reste à Thérèse. Si on la vend aux enchères, c'est la détresse pour elle. Mais si elle vendait convenablement elle pourruit
iiA ri;i.AiM
poiit-ètre se lircr de ce désastre tant bien que mal. Voilà. El je suis convaincu que non seulement vous n'abuserez pas de la situation, mais quelle vous rendra au contraire plus conciliant.
.lOSSAN. vivcmeiil.
Mais n'ayez pas peui', mon cher ami... Tenez, je ne trouve rien de plus profondément pitoyable qu'une femme jeune, jolie, élégante, qui se débat dans des embarras d'argent... Oh! les pauvres femmes !... Elles savent si peu ce que c'est... Elles y sont si maladroites, si ahuries... C'est un si brusque réveil... Oui, je vais plus loin, c'est une injusiice ; et tous les hommes qui, même sans les avoir approchées, ont cependant par la vue ou par l'esprit joui de leur élégance, de leur jeunesse et de leur beauté, devraient en être rendus responsables.
LA BAIDIKHE.
Il faudra que je vous fasse redire ça devant madame de La Baudière.
.ÎOSSAX.
Ce sont des réflexions pour hommes... Et elle divorce ?...
LA lîAlDIKIU;.
Le plus tôt possible.
JOSSAN.
Qui est-ce son mari ?... Ouel genre?
LA HAri)ii:ni:.
('/est mon neveu. C'est un garçoji pas méchant et très dangereux à la fois.
JOSSAX,
Oui...
LA liAUDII-RK.
Aigri d'avoir raté sa carrière et de s'être ruiné,