ACTE II, SCÈNE II XM
MAHC.LERITK.
Toutes les deux seules?
MADAME JAXTEL.
Oui.
SUZANNE
Où nous voudrons?
MADAME JANTEL.
Où vous voudrez. Mais je vous défends d'aller ailleurs que dans le parc. C'est entendu, n'est-ce pas?
SUZANNE, ri;tnt.
Maman ?
MADAME JANTEL.
Quoi?
SUZANNE
Puisque l'occasion s'en présente, on va te dire quelque chose, Marguerite et moi.
MADAME JANTEL.
Quelque chose de grave? Dépêchez-vous, je n'ai pas le temps.
SUZANNE, riant encore.
Eh bien, maman, depuis quelques jours, tu deviens beaucoup trop autoritaire.
MADAME JANTEL.
Qu'est-ce que c'est?
MARGUERITE, même jeu.
Tu deviens elfrayante, on ne saura bientôt plus où se mettre.
SUZANNE
Tu nous donnes des ordres avec une violence inouïe !
356 MONSiEun pikgois
MARGUERITE, toujours avec (i.iiclé.
Enfin ! disons le mot, tu nous traites comme les dernières des dernières !
Quelle est cette plaisanterie?
SUZANNE, l'entourant gidement avec Marguerite.
Si ça continue, ma petite maman, la maison va devenir inhabitable.
MADAME JANTEL.
Ne dites donc pas de bêtises !
(Elle les embrasse.)
MARGUERITE
Tu promets de ne pas recommencer?
MADAME JANTEL, haussant les épaules.
Bon!
SUZANNE
Et de nous laisser faire tout ce qu'on voudra, suivant une habitude qui remonte à la plus haute antiquité?
MARGUERITE
Moyennant quoi, nous resterons les petites filles les plus obéissantes...
MADAME JANTEL.
Quand vous aurez fini de vous moquer de moi !
SUZANNE
La paix est signée. Nous servirons le café et nous filerons à l'anglaise.
(Rentre Jantel par la terrasse.)
MARGUERITE, près du fond.
Maman, est-ce qu'on peut dire que monsieur Piégois est un homme charmant?...