ACTE II, SCÈNE III
une lettre de Paris, très pressante, très inquiétante. Je devrais être parti pour parer au plus pressé.
MADAME JANÏEL.
Tu n'as rien dit à ta sœur, j'espère?
JAXTEL.
J'y ai songé. Mais elle n'est pas assez riche pour venir utilement à mon secours. Son mari n'a laissé qu'une très petite fortune... Ce qu'elle possède, elle me l'offrirait...
MADAME JANTEL.
Sans doute.
JANTEL.
Je serais peut-être tenté de le prendre et je l'entraînerais avec moi, sans aucune chance de nous sauver, ni l'un ni l'autre.
Nous n'en sommes pas là. Moi, j'ai confiance daîis la combinaison Piégois... Tu iie trouves pas curieux, comme coïncidence, qu'il soit précisément le camarade d'école de Lebrasier, qui est notre ami intime?
JANTEL.
Je ne vois pas le rapport.
MADAME JANTEL.
Ça ne te semble pas de bon augure?
JANTEL.
Ni bon, ni mauvais... (Un temps.) Tu ne m'en veux pas?
^L\DAME JANTEL, rinuc.
Uonne-moi la main; je suis là... . ro.i/.m/ iien-
360 MONSIEUR PIÉGOIS
rielte qui apparaît de la terrasse arec Lehrasier et fait un pas
sur la scène.) As-tii les papiers que tu dois montrer à Piégois?
JANTEL, (h''si<in:inl la Liblr rlc droilc.
Ils sont là.
MADAME JANTEL, à lleiirietle.
Vous savez, ma chère, que c'est décidé pour les terrains.
(Pendant les répliques suivantes, Jantel s'éloigne et sort par la, droite.)
J'en suis ravie.
MADAME JANTEL.
Très bien exposés... Nous ne trouverons jamais mieux.
HENRIETTE
C'est mon avis. Et vous, Lebrasier!
LEHRASIER.
Je crois qu'on aurait trouvé aussi bien dans le pays, en cherchant.
MADAME JANTEL.
Quelle erreur!
LEBRASIER.
Je connais un lot au moins aussi avantageux...
MADAME JANTEL.
Je sais ce que vous voulez dire, mais il est en plein midi... Non... non... tenons-nous-en là... Nous allons traiter aujourd'hui...
{Elle sort par la haie du fond.)