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de votre famille. J'ai un peu de fortune et une situation modeste, mais assurée. J'ai l'âge oii la statistique démontre qu'il se fait le plus de mariages aujourd'hui. J'étais convaincu que vous deviendriez ma femme... Vous avez refusé en me donnant des raisons puériles. Je me suis contenté de souffrir sans que vous y attachiez d'ailleurs la moindre importance. Il est vrai que je suis resté votre ami.
HENRIETTE
Ce n'est donc rien ?
LEBRASIER.
C'est quelque chose, et tant que vous ne vous remarierez pas, en songeant que personne ne vous possède, je me consolerai peu à peu de ne pas vous posséder moi-même.
HENRIETTE
Je vous promets de ne pas me remarier, là, êtes-vous satisfait?... Vous haussez les épaules !... Vous vous marierez avant moi, Lebrasier. Pourquoi me marierais-je, je vous prie de mêle dire?... C'est presque honteux à avouer, et vous allez trouver cela souverainement injuste, mais je suis une des plus heureuses femmes qu'il y ait. J'ai de bons amis et une famille exquise que j'adore. Mon hls se porte bien et son éducation occupe ma vie. Le souvenir de mon mari m'est plus mélancolique que douloureux... Vous voyez combien il serait absurde de compromettre tout cela dans l'aventure d'un second mariage, le plus grand risque que puisse courir une femme de mon âge.
(Lu femme de chambre entre par la baie du fond, avec un plateau contenant les verres, le café, et le dépose sur la table à gauche. Suzanne et Marguerite traversent la scène et vont sur la terrasse, oii elles font signe aux invités que le café est servi.)
Rassurez-vous donc, Lebrasier, si tant est que vous