SCENE V
LEBRASIER, HENRIETTE, SUZANNE et MAR- GUERITE, qui servent le café pendant la scène. LES- TROT et PIÉGÛIS, MADAME LESTROT et HERBELIN, JANTEL, puis, quand tout le monde est en scène. MADAME JANTEL, entrant par la haie du fond.
LESTROT.
Qui a donc construit le casino, monsieur Piégois.
PIÉGOIS.
C'est un petit architecte de mes amis... que je vous donnerai, monsieur Jantel, et dont les idées vous plairont. 11 a un sens très moderne de l'habitation...
.MADAME LESTROT, à Henriette.
Etes-vous d'un poker chez moi, cet après-midi?. . . Un petit poker jusqu'à six ou huit heures ?
HENRIETTE
J'ignore ce jeu.
LESTROT.
Je vous en fait mes compliments... Il empoi-
36() MONSIKKH PIl'xîOIS
sonne bien des ménages. H n'y a plus moyen de causer une soirée avec des amis et je retourne le mot de Talleyrand : « Si vous ignorez le poker, vous vous préparez une vieillesse heureuse ! »
MADAME I.ESTROT.
Inutile de dire que mon mari répète ce trait chaque fois que Ton prononce le nom de poker... Vous, monsieur Herbelin, vous êtes des nôtres?
HERBELIN
Avec reconnaissance, madame... Nous avons séance du conseil municipal cet après-midi, mais les questions qui s'y traitent ne réclament pas ma présence.
PIÉGOIS.
Ni celle des conseillers municipaux, d'ailleurs.
HENRIETTE, riiiitl. à Herbelin.
C'est bien fait.
LEBRASIER, bas, à Henriette.
J'3,urais dis ça, moi... vous auriez à peine souri... et encore...
C'est absurde, cette réflexion.
^lAD^ME LESTROT, à Lebrasier.
Nous comptons aussi sur vous, monsieur Lebrasier.
LEBRASIER.
Le jeu ne m'est pas assez familier, je vous remercie.
HERBELIN
Monsieur Lebrasier préfère le baccara... Eh ! eh !
JANTEL.
11 y passe ses nuits.