ACTE II, SCÈNE V
servations que l'on fait un peu partout. D'ailleurs, ce qui facilite sa tache, votre iils a une santé excellente.
IIKNRIETTE.
Le docteur vous l'a dit, n'est-ce pas?
PIÉGOIS.
Tout de suite. Je m'étais permis de le lui demander.
HENRIETTE
Est-ce que vous n'avez pas fait vous-même un peu de médecine ?
J'ai été étudiant pendant quelques mois, mais il n'est pas nécessaire d'être un grand docteur pour connaître les enfants. Votre iils est un de ces malins petits garçons qui prennent de temps en temps l'air délicat afin qu'on les aime davantage. Puis, dès qu'ils vous ont, par pure coquetterie, inspiré de vives inquiétudes, ils s'amusent à se porter très bien.
HENRIETTE, riant.
Oui, c'est vrai.
PIÉGOIS.
Ce sont des artistes. Le vôtre, en particulier, a déjà une imagination très originale et cette chose indéfinissable, la distinction... On l'a ou on ne l'a pas... On ne sait pas d'où ça vient. Et ça vous domine, même chez les enfants.
HENRIETTE, — un temps.
Je crois tout de même qu'il ne faut pas leur donner une éducation aussi sévère qu'autrefois.
372 MONSIEUH PlÈCiOlS
l'IKGOIS.
Ils ne le souffriraient plus.
HENRIETTE
11 y a encore ça. Le fait est qu'ils deviennent très indépendants. Ils ne supportent plus la moindre contrariété... C'est effrayant à penser.
PIÉGOIS.
C'est à croire qu'on répand parmi eux des brochures anarchistes... Il n'y a qu'à leur apprendre à lire le plus tard possible.
HENRIETTE
Ma foi, ce serait peut-être plus prudent.
LEBRASIER, entre ses dents, mais de manière à être entendu.
Beau programme d'éducation !
HENRIETTE, se retournant.
Tiens, vous nous écoutiez?... Qu'est-ce que vous dites?
LEBRASIER.
Je dis que vous venez de tracer un programme d'éducation sur lequel vous me permettrez de faire certaines réserves !
HENRIETTE, paiement.
Je vous le permets, Lebrasier, mais à une condition...
LEBRASIER.
Laquelle ?
HENRIETTE
C'est que vous m'accompagnerez demain matin à travers les montagnes, jusqu'au vieux château de la Malène... Monsieur Piégois a bien voulu