SCENE VI PIÉGOIS, JANTElX
JANTEL, offrant un rif/are à Piéffois.
Un cigare, cher monsieur Piégois?. . . Nous allons causer un peu, maintenant... D'abord, en ce qui concerne les terrains, je crois que nous serons facilement d'accord. Vos conditions sont très raisonnables.
380 MONSIEUR PIKGOIfi
pii;gois.
Il était impossible que nous ayons la moindre difficulté là-dessus. Remarquez que j'ai le plus grand intérêt à ce que des gens de votre monde, de votre situation, s'installent ici... Dans dix ans, Bagnères-d'Oron sera une de nos belles stations thermales...
JANTEL.
Ah ! vous avez véritablement fondé une ville ! . . . Oui, c'est mieux qu'une bonne affaire, qu'une affaire admirable, c'est une création. Vous avez eu ce rare bonheur, une idée! Une idée!... voilà ce qu'on ne m'a jamais apporté!... et ce qu'on ne nous apporte jamais à nous autres ! On nous apporte des affaires, ce n'est pas la même chose...
PIÉGOIS.
C'est la différence entre l'art et le métier.
De votre idée, vous avez tiré une fortune, c'est tout ce qu'il y a de plus juste.
PIÉGOIS.
Je ne me plains pas. Mais qu'est-ce que c'est que mes petits capitaux à côté des vôtres?
JANTEL.
Evidemment... évidemment... Mais les gens comme vous n'en jouent pas moins dans les affaires un rôle très important... Ils sont comme les condottieri d'autrefois qui n'avaient qu'une poignée d'hommes, mais qui l'apportaient à l'heure décisive. Ils avaient le geste prompt et le coup d'œil sûr... Piégois, vous ferez une fortune énorme quand vous voudrez.