‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 250 sur 289 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

PIÉGOIS, se lei-anl.

Eh bien, très sincèrement, non... je ne tiens pas à aller plus loin. Je n'ai pas l'ambition féroce et illimitée de l'argent... Et puis, j'ai fait une observation que je vous donne pour ce qu'elle vaut...

JANTEL, sdiirianl.

Voyons ?

PIÉGOIS.

J'ai remarqué ceci : Quand on a trop d'argent, c'est comme quand on a trop de sang. 11 se produit un phénomène analogue à celui de l'apoplexie. Tout homme est capable d'absorber une quantité d'argent déterminée. S'il la dépasse, il est étouffé infailliblement.

JANTEL.

Alors, à votre âge, avec vos ressources, votre vigueur, vous songez déjà à vous retirer, comme un négociant enrichi!

PIÉGOIS.

Que voulez-vous, j'ai eu beaucoup de chance, je m'en rends compte. Or, qu'est-ce que c'est que la chance, sinon une sorte de vol inconscient?... Mais oui... L'n homme trop heureux est comme un voleur de profession : il (init toujours par être pincé.

JANTEL.

Ma parole, mon cher monsieur Piégois, je regrette de vous voir dans ces idées-là...

PIÉGOIS.

Et pourquoi, mon Dieu?

JANTEL.

Pane que j'aurais aimé à faire un jour quelque belle alfaire avec vous...

382 MONSIEUR PIÉGOIS

PIÉGOIS, l'ivenienl.

Avec moi, monsieur Jantel?

JAXTEL.

Mais oui. J'y songeais pendant nos conversations ces jours-ci, en constatant votre vive intelligence... votre clarté de vues... Je regrette... je regrette beaucoup.

PIÉGOIS.

Mais pardon, monsieur Jantel, pardon... C'est tout différent... Une affaire avec vous est une chose extrêmement intéressante... Voyons... voyons... De quoi s'agit-il ?... Grosse affaire?

JANTEL.

Très grosse.

PIEGOIS.

Tant mieux!

JANTEL.

Et qui exigerait des capitaux... des capitaux sérieux.

PIÉGOIS.

Qu'appelez-vous des capitaux sérieux?

JANTEL.

Mais quelques centaines de mille francs peutêtre. Ce serait à étudier.

PIÉGOIS, tranquillement.

Ne vous inquiétez pas, j'ai ça.

JANTEL.

Ah!

PIÉGOIS.

Oui.

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