ACTE H, SCÈNE VI
JANTEL.
Bon... bon !... C'est très bien..- Où diable avaisje la tête quand je pensais à un autre qu'à vous!
PIÉGOIS.
J'aurais été navré... Je vous écoute.
JANTEL.
Ma foi 1... On pourrait en parler tout de suite..
PIÉGOIS.
C'est ce qu'il y a de plus simple.
JANTEL.
Asseyez-vous.
PIÉGOIê.
A vos ordres...
(Il s'assied. J
JANTEL, en m.ircliunt.
Je crois que nous allons nous entendre.
PIÉGOIS.
Sans aucun doute.
JANTEL. ,j/>rè.9 un teiiiiin.
Quand je vous parlais d'une affaire, cher monsieur Piégois, je m'exprimais mal. 11 ne s'agit pas spécialement dune affaire plutôt que d'une autre. 11 s'agit d'un ensemble d'affaires.
C'est la môme chose.
JANTEL.
Industrielles... commerciales... financières...
PIÉGOIS.
Une société à fonder?
384 MONSIEUR PIKfJOIS
JANTEL.
Non, une grande maison qui se dispose à lancer plusieurs affaires considérables, et qui voudrait y intéresser des capitalistes sérieux et énergiques.
PIKGOIS.
Tout dépend de la maison... Quelle est cette maison ?
JANTEL.
La mienne.
PIÉGOIS.
Ah!
JAXTEL, s'asseyant devant Piégois.
J'ai l'intention de créer chez moi une vaste caisse destinée à soutenir, à encourager tout un genre d'affaires qui nous échappe habituellement et qui devrait aboutir à une maison de banque comme la mienne... Par exemple, si je vous avais connu lorsque vous cherchiez des fonds pour l'exploitation de vos idées, je me serais mis à votre disposition... Comprenez- vous ?
Oh ! parfaitement, mais tout dépend des idées que l'on vous apportera. Vous a-t-on déjà apporté quelque chose ?
JANTEL, prenant des (In.s.siers d^iis un tiroir de l;i grande table de droite.
Oui... Un des buts que je poursuis serait d'attirer les capitaux français dans nos colonies... Avezvous quelques notions de nos affaires coloniales, Piégois ?
PIEGOIS, le regardant un peu étonné.
J'en connais plusieurs... que l'on m'a proposées... Elles ne valaient rien.
JANTEL.
Quelle erreur ! C'est l'avenir, au contraire.