‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 277 sur 289 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

HENRIETTE, /ré.v troubh'e. cHchant son ('motion.

Oui... oui... en effet .. je l'ai rencontrée...

PIÉGOIS.

J'espère ainsi arriver à la sjuérison... Et puis, si je n'y arrive pas, tant pis, nous le verrons bien. Mais je commence à croire que j'y arriverai.

HENRIETTE

N'en doutez pas, si tant est que vous soyez si malade ; je n'en suis pas aussi convaincue que vous.

PIÉGOIS.

Je n'ai pas dit cela pour vous laisser des remords.

HENRIETTE

Raisonnablement, je ne peux guère en avoir ni même croire beaucoup à vos souffrances. Vous traitez votre douleur par un mariage immédiat avec une femme qui vous adore, dont vous comblez les vœux, qui vous est entièrement dévouée et vous fera la vie la plus agréable. Vous allez avoir des occupations qui vous intéresseront certainement, toute une existence nouvelle à vous créer. Vous serez entouré d'amis qui vous ont de grandes obligations et qui ne l'oublieront pas. Voilà un avenir devant lequel il n'y a pas de quoi se décourager... J'espère que vous nous présenterez bientôt votre femme : soyez sûr que nous nous efforcerons de lui plaire.

Vous présenter ma femme!... Oh! ce n'est pas possible.

HKMtlETTE.

Et pourquoi ?

PIÉGOIS.

Parce que... parce que c'est une personne trop

\'M) M()\sii:i K i'ii':(;ois

simple... d'une éducation qui me suffit à moi, mais qui est un peu trop rudimentaire pour votre monde et vos relations. Elle a été ouvrière, figurez-vous?...

HENRIETTE

C'est une femme de grand cœur. Lebrasier me l'a dit souvent, et très intelligente des choses de la vie. Elle a les qualités les plus rares, celles qu'on n'acquiert pas. Les autres lui viendront vite.

PIÉGOIS.

Je ne veux pas l'exposer à une pareille aventure... Oh! la pauvre petite, elle aurait une drôle de figure!... Non! non! pas d'humiliation!...

HENRIETTE

Humiliation?... Gomment! vous me croyez capable de chercher à humilier votre femme?... Oh! vous le croyez?...

PIÉGOIS.

Il est inutile en tout cas de Ty exposer.

Mais c'est presque insultant pour moi ce que vous dites-là!

PIÉGOIS.

Je n'avais pas cette intention, je vous prie de m'excuser...

HENRIETTE

Décidément, vous vous faites de moi une étrange opinion ! J'en ai de la peine, beaucoup de peine... Oui...

(Elle a la voix étrajiçjlée.)

PIÉGOIS, vivement.

Qu'avez-vous?

HENRIETTE

Je suis émue... très émue... car moi, qui aurais

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