ACTE I, SCENE III
le mariage de Lucienne avec Charles de Méray, qu'est-ce qu'on dira?
LA BAUDIÈRE.
On dira...
MADAME DK LA BAUDIÈRE.
On ne dira rien, parce qu'il n'y a rien à dire. Méray est n'importe qui, c'est le premier avocat venu... Tous les jeunes avocats d'Angers lui ressemblent. On peut l'épouser ou ne pas l'épouser, cela ne tire pas à conséquence. Or, Lucienne aura une des plus belles dots du pays, elle est très jolie, très bien élevée. Ce mariage ne me suffit pas, j'en veux un éclatant, qui soit la consécration et la preuve de ma situation à Angers.
LA BAUDIÈRE.
Pourtant, si par hasard Lucienne et le jeune homme s'aimaient?
Ils ne s'aiment pas.
LA BAUDIÈRE.
Tu en es sûre?
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Très sûre.
LA BAUDIÈRE.
Je crois qu'on peut hésiter tout de même, avant de dire non?
MADAME DE LA BAUDIÈRE
Il ne faut jamais hésiter dans la vie. Moi, je n'ai jamais hésité. A l'âge de Lucienne, j'étais déjà comme ça, rappelle-toi.
LA BAUDIÈRE.
Je me rappelle parfaitement.