‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 65 sur 289 · SCENE PREMIERE JOSSAN, LUCIENNE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE JOSSAN, LUCIENNE

LUCIENNi;. lui Irndnnt les niaiiis en fiili;int.

Vous attendez mon père pour votre partie de billard? 11 n"a pas fini sa sieste.

JOSSAX.

Ne le réveillez pas, mademoiselle. J'ai une petite course à faire, je suis de retour dans un

instant.

luciennp:.

Je lui dirai simplement que vous êtes venu, n'est-ce pas?

JOSSAN.

C'est ça. Et si vous voulez être ramaijililé môme...

LUCIENNE

Je crois bien...

ACTi; IV, Sr.liNE I

JOSSA.X.

Vous ajouterez que je vais revenir pour ce qu'il

sait.

LUCIKNXK.

Poui" ce qu'il sait?

.lOSSAX.

Au sujet de ma lettre de ce matin. Car votre père a dû recevoir une lettre de moi, ce matin?

LICIENNK.

J'étais là quand il l'a décachetée.

JOSSAN.

Ali!

LUCIENNE, rhml.

Et si vous lui avez écrit cette lettre pour le mettre en colère, je crois pouvoir vous dire que vous avez joliment réussi.

JOSSAN, riani ausni .

Parfait. Qu'est-ce qu'il a dit?

Ll CIKNNE.

Dès les premières lignes il s'est écrié : « Ça, par exemple, c'est trop tort ! Ils ont fait l'ue chose pareille sans me consulter? Ils me le paieront ! »

JOSSAN.

Très bien.

LUCIENNE

Puis il m'a demandé : « Ta mère est dans sa chambre? » et sur ma réponse affirmative, il a fait quelques pas comme pour aller lui parler. Mais alors il a continué la lecture de votre lettre et il s'est calmé tout à coup en murmurant : « 11 a raison... oui... il a raison. » C'est de vous qu'il parlait cette fois-ci.

124 LA CIlATliLAINE

.lOSSAX.

C'est (le moi.

LrciKNNi:.

Ensuite, il a retroussé sa moustache et il m'a embrassée.

JOSSAN.

Il a bien fait.

H(':ii:n\e.

Sur ces entrefaites, mère est entrée et papa a mis tranquillement votre lettre dans sa poche. « Qu'est-ce que c'est que cette lettre? » a demandé mère. Et papa a répondu d'un air détaché : <( C'est sans importance, » n'iiésitant pas à me donner ainsi le plus dangereux exemple de dissimulation entre mari et femme. Et maintenant, monsieur, tenez-vous à savoir pourquoi je me livre en votre faveur à ce léger espionnage?

JOSSAN.

J'y tiens absolument.

LUCIKxXXE.

D'abord, c'est parce que, en conliant votre procès à monsieur de Méray vous lui rendez un grand service et à moi aussi, par conséquent, puisque monsieur de Méray et moi nous voulons nous marier, et que cela facilitera peut-être notre union.

JOSSAN.

Je me suis adressé à monsieur de Méray, parce que c'est un avocat de grand talent.

LICIKXXK.

Vous n'en savez rien, puisque vous ne l'avez jamais entendu plaider et qu'il n'a pas une grande réputation. Vous lui confiez votre procès, au risque de le perdre, par sympathie pour moi, je l'ai parfaitement deviné.

ACTli IV, SCKNE I 123

JOSSAX.

C'est vrai, pourtant, que j'ai beaucoup de sympalliie pour vous.

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