LIT.U;XXE
Je n'ai même pas deviné que ça.
JOSSAX.
Et qu'avez-vous deviné encore?
LUCUiXXE.
(Ju'on essayait de nous marier et que cette idée ne vous allait pas du tout...
JOSSAX.
Permettez, mademoiselle...
LUCIEXXE.
Mais c'est tout naturel. D'ailleurs, moi-même, quoiqu'il n'y ait pas une jeune fille qui ne doive être lière de porter votre nom, je me serais vue dans l'obligation de rel'user. Que voulez-vous? On n'est pas maître de ses sentiments. Vous m'excuserez, n'est-ce pas?
JOSSAX.
Vous êtes délicieuse.
LUCIENNE
Pendant que j'y suis, je vais vous dire encore quelque chose. J'ai compris d'après des mots entendus, de-ci, de-là, que vous n'aviez pas ici que des amis. Eh bien! si vous avez besoin d'une petite alliée, ne vous gênez pas, je suis là.
JOSSAX.
Merci, mademoiselle Lucienne. J'accepte. Et je vais en profiter tout de suite en vous priant de me donner un simple renseignement.
LUCIEXXE.
Voyons.
126 LA CHATELAINE
JOSSAN.
Savez-voiis si votre cousin, monsieur de Rive, quitte ce soir Angers, et à quelle heure?
LUCIENNE
Il devait partir par le train de cinq heures.
JOSSAN.
Ah!
LUCIENNE
Mais il ne part plus.
JOSSAN.
Vous en êtes sûre?
LUCIENNE
En tout cas, pas aujourd'hui.
JOSSAN.
Et pourquoi, si ce n'est pas trop indiscret?
Il n'y a pas d'indiscrétion. On est allié ou on ne l'est pas. Il ne part plus à cause de vous.
JOSSAN.
De moi?
LUCIENNE
Oui. Hier soir, après dîner, il a eu une longue conversation avec ma mère... Papa était allé se coucher. Moi, je passais dans le couloir pour monter dans ma chamhre. Vous pensez que je n'ai pas écouté à la porte, quoique j'en eusse un peu envie. Mais il y a des choses qui ne se font pas. Néanmoins, comme mon cousin parlait très haut et d'une voix presque furieuse, j'ai entendu ces mots : « .le vous jure que j'aurai, coûte que coûte, une explication avec monsieur Jossaii!... J'irai le trouver ce matin, y