ACTE IV, SCÈNE III
LA BALDIÈRL.
Tu as compris ?
LUCIENNE
Vaguement. Et si mère continuait à s'opposer...
LA BAUDIÈUE, trcs drcidr.
Tu épouseras monsieur de Méray dans six semaines, voilà mon dernier mot.
LUCIENNE
Je m'incline, papa, je m'incline.
LA BAUblÈRE.
Maintenant, mon enfant, laisse-nous.
LUCIENNE, saltiiuil Jossan.
Monsieur...
JOSSAN.
Mademoiselle...
(Sort Lucienne.)
SCJ'JNE m
JUSSAN, L.A JlAUDlÈRlv
LA DAUDIÈHE.
Ah! mais nous allons voir!... Vous savez que depuis que j'ai reçu votre lettre je ne décolère pas. Devinez ce que j'ai rêvé tout à l'heure en taisant ma sieste?... Oui, en efïet, vous ne pouvez guère... Mon cher, j'ai rêvé que je llan(|uais des calottes à ma femme, moi, La Baudière! Ce n'était qu'un rêve, malheureusement.
JOSSAN.
Madame de La Baudière ne vous avait rien raconté hier soir?
130 i.A (MAI i:i,ai.m;
LA HAllilKlili.
AI)solumcnt rien. Elle était arrivée de Sauve- Icrrc de fort méchante humeur; elle avait les sourcils froncés et l'air menaçant. Mais elle prend cet air-là pour la moindre des choses et je n'y avais môme pas fait atlenlion.
JOSSAN.
Et votre neveu?
LA BAL'DIKlîE.
En le voyant avec son iils, j'ai cru tout bonnement qu'il voulait le garder vini;t-quatre heures avec lui, du consentement de Thérèse, bien entendu. Qui aurait imaginé une histoire pareille? Ils me le payeront tous les deux. Je ne sais pas comment, mais ils me le payeront! Nous empocherons cette insanité. Avez-vous un plan?
JOSSAN.
Oui, mais d'abord, il faut que je vous explique pour quelle raison je prends tant d'intérêt...
LA IJAUDIÈRI:.
Ah! mon cher ami, c'est bien inutile... Je le sais.
JOSSAN.
Ah!
LA BAUDIÈRE.
Vous aimez Thérèse, et comme je vous comprends! Vous l'avez môme aimée cinq minutes environ après l'avoir vue.
JOSSAN.
Oui, à peu près.
LA BAUDIÈRi:.
Je me Irompe peut-ôtre d'une minute ou deux, mais ça m'étonnerait. Je ïm deviné tout de suite et j'en ai été très heureux.