ACTE IV, SCÈNE lU
JOSSAN.
Vraiment?
LA BALÎDIÈRE.
Ma parole, j'ai pour vous la grosse affection. Quand vous aurez épousé Thérèse, il ne faudra pas moublier. Vous viendrez me voir de temps en temps?
Je vous promets, La Baudière, que je viendrai tous les étés faire une partie de billard avec vous.
LA BAUDIÈRE.
Bravo I Cette affaire-là est capable de me rajeunir de dix ans.
JOSSAX.
N'en doutez pas. Mais seulement pour cela...
LA BAUDIÈRE.
En effet. Voyons votre plan, car il faut nous dépêcher. Mon animal de neveu prend le train de cinq heures, je crois, et d'après ce que vous me dites, il emmène le petit.
JOSSAN.
Il ne part pas aujourd'hui.
LA BAUDIÈRE.
Gomment ça?
JOSSAN.
Il me cherche.
LA BAUDIÈRE.
Vous ?
JOSSAN.
Moi.
LA BAUDn':RE.
Et pourquoi faire?
JOSSAN.
Mais je suppose que c'est pour me provoquer...
LA BAUDIÈRE.
Morbleu!... Si je savais cela!...
JOSSAX.
Chut! N'empêchez rien, c'est excellent. D'ahord, ça retardera son départ de deux ou trois jours...
LA BAUDIÈRE.
Si vous croyez que je vais vous laisser battre en duel avec cet idiot !
JOSSAX.
Nous n'y arriverons qu'à la dernière extrémité, rassurez-vous. Et nous n'y sommes pas encore. Je connais ces natures-là. J'en ai rencontré beaucoup et j'y ai rétléchi depuis hier. Elles ne sont pas foncièrement mauvaises.
LA BAUDIÈRE.
Qu'est-ce que ça serait, si elles l'étaient!
JOSSAX.
Elles ne sont devenues mauvaises et dangereuses que sous l'action des circonstances et de la vie. Mais le fond primitif est bon, il est quelquefois même très bon. Thérèse ma raconté sa conversation avec son mari ; cet homme n'est pas ce que je croyais : il est surtout malheureux. J'aime mieux avoir alFaire à un homme comme votre neveu qu'à un hypocrite ou à un poltron.
LA BAUDIÈRE.
11 n'est ni l'un, ni l'autre, c'est vrai. D'ailleurs, j'ai remarqué qu'il n"a pas l'air bien fier de ce qu'il a fait, ce monsieur.
JOSSAN.
Et pour nous résumer, puisqu'il me cherche, et qu'il finira nécessairement par me trouver,