‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 82 sur 289 · ACTE IV, SCK.N'K X · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCK.N'K X

VOUS ne voulez pas que je résiste un peu... Allons,

voyons, voyons... (S'avançant vers lui.) Je VOUS dis

que vous êtes furieux contre vous parce que vous vous êtes mis dans une position qui vous déplaît!... parce que vous êtes tout de même un honnête homme et que vous savez que vous avez commis un acte indigne de vous...

GASTON, furieux.

Monsieur... je...

JOSSAX.

Et vous essayez de vous en tirer avec des gestes violents... Mais non, on ne s'en tire pas avec des gestes violents, ce serait trop commode!... Mais je le connais votre caractère : je l'ai eu... oui, j'ai été comme vous un instant, autrefois. Quand j'ai vu que je me ruinais bêtement, quand j'ai eu conscience de la vie grotesque que je menais, ce n'est pas à moi que je m'en suis pris dabord, c'est aux autres! J'ai eu là quelques heures oii je me suis révolté, non contre mes sottises, mais contre l'humanité tout entière, contre ceux qui gagnaient quand je perdais, qui étaient heureux quand j'avais des remords, qui étaient sages quand j'étais fou! Mais comme je ne suis pas une brute, ni vous non plus d'ailleurs, je n'ai pas laissé longtemps la rancune et la haino fermenter en moi. J'ai sauvé ce qui me restait d'intelligence avec ce qui me restait de volonté et j'ai fini par reconquérir à peu près lune et l'autre. Voilà comment vous vous en tirerez, vous ne vous en

tirerez pas autrement, (il continue pendant que Gaston

K'açfife de j)ius en jiius.) Vous aurcz beau VOUS traiter par l'illusion, vous figurer par les raisonnements les plus ingénieux que vous êtes dans votre droit, vous n'y êtes pas... pas plus en ce qui concerne votre enfant qu'en ce qui concerne votre femme!...

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Votre enfant! mais si vous li'levez tout seul, si vous continuez à torturer et à blesser sa mère, savez-vous ce qui arrivera? Un jour, il viendra lui demander des explications; je serai là, près d'elle... les explications, je les lui donnerai, et ce n'est pas elle qu'il condamnera, c'est vous... Ah çà! est-ce que vous croyez, au contraire, que si, moi, je t'élevais, votre fils, avec tout l'amour que j'ai pour sa mère, et l'amitié que j'ai déjà pour lui, est-ce que vous croyez, par hasard, que je lui apprendrais à vous mépriser? Qui supposezvous que je suis? Votre fils a un père, vous; il aurait un ami, moi ! Quel mal y a-t-il? Et quand il sera un homme, comme j'en aurai fait, je suppose, un être intelligent, il comprendra ce qui s'est passé... il sera indulgent pour les difficultés, les complications et les luttes de la vie... et rassurez-vous donc, il aura peut-être de vous une meilleure opinion que si vous l'aviez élevé vousmême.

GASTON, — un temps.

Tenez... j'aurais dû vous souffleter tout à l'heure...

JOSSAN.

Oui?... Eh bien? ça aurait été joli...

Maintenant, il est trop tard... J'avais la surexcitation nerveuse nécessaire, je ne l'ai plus !... Soit ! Nous ne nous battrons pas. Nous lutterons sur un autre terrain. Vous ne me tenez pas encore et vous ne tenez pas encore madame de Rive, c'est moi qui vous le dis! Car si je veux, je la garderai, vous entendez! Je n'ai qu'à m'en aller avec mon fils, et elle me suivra... Elle ne me suivra pas aujourd'hui, ni demain... mais elle finira par rentrer chez moi, elle y rentrera malgré

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