SCENE XI
Lks Mêmes, ESTELLE, ALBERT.
ESTELLli, un peu cs.sou/'/îc'e, à Albert.
Ah! je suis arrivée avant vous... Nous avons parié qui de nous deux aurait le plus vite monté l'escalier... J'ai gagné.
ALBERT
J'ai perdu exprès. (.lAHc/enne.; Chère madame...
(Il serre la main d'Edmond, puis de Denoizeau qui s'e»t levé.)
ESTELLE
Bonjour. . . (Ju'est-ce que vous coupez là, Edgard ?
DENOIZEAU.
Des romans... Je les coupe, mais je ne les lirai pas.
LUCIENNE
Quels romans?... Voyons?...
{Elle s'approche de la table où était Denoizeau. Edmond la suit. — Estelle et Albert restent ensemble, un peu à droite.)
ALBERT, à Estelle.
Je vous ai attendue une heure et demie devant Saint-Germain-l'Auxerrois. . . Pourquoi n'êtes-vous pas venue ?
ESTELLE
Croyez-vous que je n'aie que ça à faire !
ALBERT
Hier, je vous avais attendue également une
heure et demie, rue de Castiglione, et vous n'êtes pas venue davantage.
ESTELLE
Je VOUS ai expliqué... Et d'ailleurs, je n'ai pas besoin de vous donner d'explications, mon cher... Vous êtes étonnant ! Me prenez- vous pour une cocotte? J'ai un mari.
ALBERT
Ce n'est pas une excuse.
ESTELLE
Et mardi dernier, est-ce que je l'ai manqué, notre rendez-vous '^
ALBERT
Nous sommes restés dix minutes enscnible chez un pâtissier. Nous avons mangé chacun un baba... Ça ne peut pas être considéré comme un rendez- vous d'amour...
Vous ne m'en avez pas moins dit des énormités, pendant ces dix minutes. Vous avez eu l'aplomb de me proposer... Non! ça, mon cher... Vous êtes bien gentil, mais c'est un peu trop tôt.
EDMOND
Je vous ai proposé de venir boire un verre de malagachez moi... (Juand viendrez-vous boire un verre de malaga chez moi ?
ESTELLE
Dites donc, nous ne sommes pas chez le pâtissier, ici.
ALBERT
Vous VOUS moquez de moi, voilà la vérité... Vous vous moquez de moi depuis un bon trimestre 1