‹ Théâtre complet. Vol. 1-8Chapitre 47 sur 237 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Mêmes, moins ALBERT, plus MADAME VARINOIS, MADAME LEMOUTIER, puis BRIDEL.

MADAME VARL\OIS, à Lucienne.

Ton mari est de retour,

LUCIENNE

Je vais avoir une explication avec lui.

LOUISETTE, entrniit. à madame Varinois.

Une dame demande Madame.

MADAME VARINOIS.

Son nom?

LOUISETTE

Madame Lemoutier.

MADAME VARINOIS.

Madame Lemoutier!... Introduisez tout de suite.

(Elle se précipite à In porte, pendant que Louisette introduit

madame Lemoutier.) Ail! madame... chère madame...

MAD.VME LEMOUTIER.

Madame... chère madame...

MADAME VARINOIS.

Donnez- vous la peine de...

MADAME LEMOUTIER, rintcrromiuiiil el s'expvimnnl avec roliiljilitt^.

Il y a si longtemps que je désirais faire votre connaissance. . . Denoizeau m'a tant parlé de vous. . .

On peut même dire qu'il ne me parle que de vous. . . Madame Yarinois. . . toujours madame Varinois "... Il cite vos mots... Alors, j'ai été enchantée de... (Se

tonrnanl vers fAirienne et Estelle. ) Oh ! VOS deuX charmantes lilles. probablement ? Je les connais bien aussi, par notre ami Denoizeau. (A Lucienne.) Madame Leverquin, n'est-ce pas? (A K.tieiie.) Et madame Bridel ?

MADAME VARIXOIS.

Non, c'est le contraire.

MADAME LEMOUTIKU.

C'est curieux, j'aurais cru... Charmantes, elles sont charmantes... 11 n'y a pas d'autre expression. Vous permettez que je les embrasse?

(Elle lea enihrnKse l'une après l'autre. — Bridel entre au manient aii elle embrasse Lucienne.)

BRmEL, à part.

Qu'est-ce que c'est encore que ça?

MADAME VARINOIS, apercci-;ml Uridel.

Madame, je vous présente mon gendre, monsieur Bridel... fA/i;7(/e/.; Madame Lemoutier...('C/iercbant quoi dire. ^ dout Ic nom signifie élégance, littérature et beaux-arts... et qui...

MADAMI': LEMOUTIEU, V interrompant.

Oh! mon cher monsieur Bridel... il me semble que je serre la main d'un ami... ( Geste de luidei.) Vous avez une femme délicieuse, j'étais en train de le lui dire. VA quel intérieur moderne, chic!

d'un goût!... (liegardant aufnnr d'elle.} TicnS ! Un escalier... Comme un escalier fait bien dans un hall !... C'est très anglais. Et où mène-t-il?

Chez mon...

MADAME LEMOUTIER, riiiU-rroiiipant et purbiut toujours très rite.

Chez monsieur Bridel !... Ah ! que c'est ingénieux! J'adorerais avoir un escalier dans mon salon; malheureusement, l'étage au-dessus ne m'appartient pas.

BUIDEL.

C'est dommai^e.

MADAME LEMOUTIER.

Oh ! ce n'est pas aussi luxueux qu'ici, mais ce n'est pas mal arrangé tout de même, vous verrez... Car nous allons nous voir souvent, maintenant, très souvent... (Nouveau mouvement de Bridel et atliliides de celui-ci pendant tout le temps que parle madame

Lemnuiier. ' Et pour commenccr, vous viendrez dîner dimanche prochain... Pas de refus, je n'admets pas de refus.

BUIDEL, ricanant.

Ah ! ah !

MADAME LEMOITIEP».

Et vous aussi, monsieur Bridel, j'espère que vous me ferez l'amitié...

BRIDEL, toujours ricuitaiit.

Oh! un mari... un mari qui va dîner en ville avec sa femme, c'est bien usé.

MADAME LEMOUTIER, éctataut de rire.

Ah! mais il a raison... C'est ça, je ne vous invite pas... Je vous inviterai un autre jour... sans votre femme. ,.a Lucienne.) Ma chère, vous pouvez vous vanter d'avoir un mari modèle. Mon mari, à moi, ne comprenait rien. Aussi, j'ai divorcé, ça n'a pas traîné. — 0"el est votre petit nom ?

MADAME VARIXOIS, répondant pour Lucienne.

Lucienne.

MADAME LEMOUTIER, montrant Estelle.

El.>...

ACTK II, S(;i:ni: mv

MADAMK VAlilNOIS.

Estelle.

MADAME LEMOUTIER, (jvi ne s'est pas usuLse el parla toujours debout.

Jusqu'aux prénoms qui sont charmants. Moi, je m'appelle Emilie... C'est bête comme tout; ça ne devient passable qu'eu prononçant à l'anglaise : Emilij. — Alors, c'est convenu ? Dimanche prochain... Venez un peu avant, nous bavarderons. .1 madame Ynrinois.) Et je COmptc Sur VOUS pOUr

tous les dimanches: j'ai besoin de jolies femmes dans mon salon... Quand il n'y a pas de jolies femmes, les hommes s'ennuient. Pour vous, monsieur Bridel, je vous écrirai... Ah! ah! vous viendrez tout seul. (A Lucienne.} Ne sojez pas jalousc, ma chérie... Elle est délicieuse. A dimanche, ma petite Lucienne... A dimanche, Estelle... (Elle les embrasse.) Je me retire, j'ai une foule de visites... Ne vous dérangez pas, je vous en prie... Au revoir, au revoir... Au revoir, vous.

fElle serre riffniireusemenl la main de Bridel el disparait dans nn (jrand froufrou.)

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