‹ Théâtre complet. Vol. 1-8Chapitre 65 sur 237 · A(.TE II, SCICNK XXI · texte numérisé non relu

A(.TE II, SCICNK XXI

meure à écrire : I « Monsiciir le bai'on (rEncolure s'ctant ju^é oUciisé par... »

(// cherche le mot.)

LIVERDOX.

« Par une épithète malsonnante... »

1)Kxoizi-:au.

C'est cela!

( En prononi^iinl le uuil '< é])ilhèle iiialsonii;mle ». Lirerdon a njipuijé ses deux innins sur lu Inhle oii évril Denoizeiui. (Jelui-ci remarque (oui ;) coup la Jmiide de lnjfelns <(u'il ,1 sur le nez el s'arréle.)

LIVERDOX, ,7 purl.

Diable!

DEXOIZEAU, .se levant.

1 ar exemple ! // regarde allenlivemenl Crémyer et Liver-

dnn. — .\ pari.) L'un grand, l'autre petit... Ce serait trop fort!... (A Liverdon:) Qu'avez-vous donc là, sur le nez, cher ami?

LIVERDOX, (jéné.

Moi?... Rien... une égratignure... que je me suis faite contre une porte.

DEXOIZEAU.

C'est tout récent, alors... Je vous ai vu avanthier dans l'après-midi, vous n'aviez rien...

LIVERDOX.

En ellet.

DEXOIZEAU, fr(,i(lciiu-nl.

Vous ne vous seriez pas, par hasard, blessé avec un chapeau?

BOIRE

Je suis assez pressé...

DEXOIZEAU.

Nous avons le temps... Je vous demandais donc, cher ami... si ce n'était pas un chapeau... car j'ai remarqué que les blessures faites par les chapeaux ressemblent beaucoup ù. celle-là.

100 PETITES l'OI.LES

LHEliDOX. .i pari.

Il a deviné!., (ihmi.) Mon vieux Denoizeau...

1)i:xoizi-;au.

Quoi?

LIVEHDON.

Mon vieux Denoizeau... Voyons, il vaut mieux en rire... Eh bien! oui, c'est moi... moi et Crémyer, nous soupions... Je croyais que vous aviez l'intention de rompre avec Antonia... je ne me suis pas gêné...

DENOIZEAU.

Ah ! c'est vous?

CIlÉMYElî.

Oui, cher ami...

LIVERDOX.

Bah! c'est fini... c'est effacé...

(Il lend la main à Denoizeau qui la refuse.) DENOIZEAU.

Vous vous êtes joués de moi!

LIVEUDON.

Permettez...

di;noizeau.

Indignement!... Des camarades de club!

Cr.ÉMVEl!.

Nous ne le ferons plus.

LIVEHDON.

Remarquez, mon cher, que vous êtes bien vengé... Mon nez me fait un mal! J'ai saigné toute la nuit.

DENOIZEAU.

Je ne le regrette pas.

LIVEUDON.

Denoizeau !

DENOIZEAU.

Et si c'était à refaire, je le referais... et j'irais même plus loin...

AC.TI-: II, scî:nk xxi tOl

LlVi:iîl)()N".

Monsiourî

Dl'lNOIZKAr.

Car VOUS vous êtes conduits comme des...

LIVKBDOX.

N'achevez pas!

Ils x'iii'uncenl l'iin rers l'uuln'. — Boire les sépare.) BOIliK.

Pardon : Si nous rédigions...

Dli.XOIZKAU, xe ralniuiil.

Vous avez raison... rédigeons... Nous verrons ensuite.

LIVKlîDON.

Gomme il vous plaira.

Dennizeaii rejjrend sn pince ii l;\ l;\])le. les deux léinoins de l'ndversuire devanl lui.!

DHNOIZEAU, rri-ir;iiil.

« Monsieur le baron d'I'^ncolure s'étant jugé olVensé, a envoyé ses témoins... »

(Il cherche. '

LIVIM'.DOX. ronliiiiuiiil.

« Monsieur liridd ayant retiré l'épi thètc de goujat... ^)

CUK.MVi;ii, i-(>iiliiiu;iiil.

(( Les quatre témoins, d'un commun accord, ont décidé qu'il n'y avait pas lieu à rencontre. »

\)V.S( )1'/.\',jS.V /losc s;i pltiiiif cl les rc(i;irilc en rir.unanl.

Et vous vous imaginez qu'après la façon dont vous vous êtes conduits avec moi, monsieur Bridel va vous faire des excuses !

LIVEUDOX.

Pardon... votre client n'a ri eu à voir...

1)1:N01ZI;AI', HiUcrrumiMnl.

Monsieur Bridel n'a pas peur, messieurs! Monsieur Bridtd se battra ! Kt non seulement il

ne retire pas l'épithète de goujat, mais encore il la relève.

LIVERDON.

A vos ordres, monsieur !

DEXOIZEAU, rcy.iril.iiil Cfi-inijcr.

Il la double!

BOIRE

Je ne comprends pas. Vous m'avez dit qu'on arrangerait l'affaire .

DEXOIZEAU.

On ne Farrange plus. — Ecrivons.

LIVERDO.X i:t CUÉMYEU.

Ecrivons.

Di:XUlZEAU, écriraiil.

Heu I... « Monsieur Bridel s étant refusé à retirer l'expression de goujat, les quatre témoins, d'un commun accord, ont de'cidé qu'une rencontre était inévitable. »

EIVERDON.

Vous avez mis « inévitable », n'est-ce pas?

DENOIZIiAU, fu-rcincnl,

Oui, monsieur, (il continue d'écrire.) « L'amic choisie a été... »

LIVERDOX.

L'épée.

IiEXOIZEAU.

L'épée vous convient-elle, messieurs?

LIVERDOX ET CRÉMVER.

Parfaitement.

DENOIZEAU, à Boire.

Et à vous?

BOIRE

A moi aussi,

DEXOIZEAU, coiitinii.int ,'i ccrirc.

« La rencontre aura lieu demain... ))(/'.T/7e.) Voulez-vous deux heures de l'après-midi?

BOIRE

J'ai une expertise à deux heures... J'aimerais mieux trois.

DKXOIZEAU.

Bon, I Ecrivant...) « La rencontre aura lieu demain à trois heures... » fP.'u/éj Où?

LIVKHDON.

Derrière les tribunes de Longchamp.

DENOIZKAr.

\ouleZ-VOUS? {Signes d'iuiniesceinenl des lémoins. Il

continue d'écrire.) « Le couibat durera jusqu'à ce que l'un des adversaires soit dans l'impossibilité... »

LlVKliDOX, .(l't'f (/<'7(.

Matérielle... dans l'impossibilité matérielle...

DENOIZKAf, (le mciiif.

Oui, monsieur, matérielle... de continuer... Veuillez signer, messieurs...

Liverdon et Créniyer signent, puis Boire, puis Denoizeati. ;

LIVKRDOX, sec.

A demain, monsieur.

DENOIZKAU.

A demain, trois heures.

l-IVEUDON.

Derrière les tribunes de Longchamp.

(Liverdon et Créniyer sortent.)

noini':. Vous n'avez plus besoin de moi ?

di:\oizi:au.

Non, merci... Soyez exact, n'est-ce pas?... Trois heures.

noiiti:.

Entendu... C'est ma première afl'aire... je n'y

104 PEiriES j'Oi.i.ES

manquerai pas. Et vous, vous ôtes-vous déjà

battu ?

di:\oizi:au.

Souvent.

f//.s Ne aerrenl In lunin. — Boii'é sorl.)

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