ACTE III, SCI-.NIC VIII
messes pour ravenir et de in'excuser dans la mesure où je le dois.
HlilDKL.
Ce serait vous humilier inutilement.
LUCIENNE
Vous désirez donc une rupture définitive ?
bru)i:l.
Ce n'est pas moi qui l'ai désirée le premier, il me semble, ni surtout qui l'ai provoquée.
LUCIENNE
Quoi qu'il en soit, vous voulez le divorce ?
BRIDEL
Je ne vois pas d'autre moyen de faire cesser le malentendu qui nous sépare.
LUCIENNE
Knfin, vous le désirez vivement?
BRIDEL
Je vous répète que ce n'est pas moi qui l'ai rendu inévitable.
LUCIENNE, ai>rèx un silence.
Vous savez, n'est-ce pas, que je ne suis pas allée cette après-midi chez monsieur Toury et que je n'y suis jamais allée?
BRIDEL
(Jh ! en elTet... Je m'attendais bien que vous n'iriez pas, pendant que je me battais... Vous n'êtes pas un monstre. Mais vous êtes une créature très dangereusement coquette.
LUCIENNE
Non, monsieur.
BRIDEL
Et très dépravée !
134 l'IiTlTES lOI.LliS
LUCIENNE
Encore moins, nionsiour. On ne peut pas plus se tromper sur une femme que vous ne vous trompez sur moi.
BRn)KL.
Si j'avais la naïveté de vous pardonner, la situation serait la même dans quelques jours... Je ne pourrais pas me battre en duel chaque fois que vous auriez un rendez-vous... Vous recommenceriez vos coquetteries, — et le mot est bien faible, — et vous finiriez par me persuader qu'il ne s'est jamais rien passé entre monsieur Toury et vous ; et moi, je finirais peut-être parle croire. J'aime autant prendre une résolution pendant que j'ai un moment de lucidité.
LUCIENiXK, jiuirrliiinl ;ivec iigilulion.
11 faut vraiment que vous soyez bien peu observateur.
BIUDEL.
Ce n'est pas mon état.
LUCIENNE, .ve mmUanl.
Ah ! vous ne vous préparez pas une existence heureuse avec ces idées-là !
nRu:)EL.
Tant pis pour moi !
LUCUiNNE.
Vous prétendez divorcer pour des bagatelles. (Ju'auriez-vous fait alors, si je vous avais véritablement trahi?... Vous m'auriez tuée?...
BRn)EL.
Je n'ai pas un caractère à tueries gens... Bagatelles!... Vous appelez bagatelles vous compromettre ouvertement avec un homme, supporter qu'il vous fasse la cour devant moi, et finalement lui hxer un rendez-vous chez lui !...