ACTE III, SCÎ;NE VIII \'.V
LUCIENNE
Je rai fait dans un accès de colère, parce que vous veniez de vous conduire d'une faç;on ridicule.
BRIDEL
Oh ! mais...
LUCIENNE, l'interniniimiit.
J'étais très de'cidée à ne pas m'y rendre, vous le savez parfaitement.
BRIDEL
Oh !
LUCIENNE
Monsieur Toury m'aurait attendu des heures
laitières.
Heu!
LUCIENNE
Il se serait fait une bile affreuse.
BRIDEL
Çà'....
LUCIENNE
Et il aurait été furieux contre moi. Voilà ce qui serait arrivé!... Dans cette affaire-là, il n'y a qu'une personne qui ait le droit de se plaindre : c est lui. Ouant à vous, quel dommage sérieux vous ai-je causé? Je me suis laissé embrasser la main deux ou trois fois, ou presser le pied sous la table d'une façon insignifiante... J'ai écouté distraitement de vagues déclarations d'amour... Et voilà tout! Et vous voulez détruire votre ménage, redevenir un vagabond, vous remettre à courir les filles comme vous le faisiez probablement autrefois, pour de pareilles misères!,..
BRDIKL.
Mais, sapristi, madame, je ne me suis pas niiirié pour que vous écoutiez des déclarations d'amour!
LUCIENNE
Les plus honnêtes femmes, aujourd'hui, sont obligées d'entendre bien d'autres choses.
BRIDEL
Et les malhonnêtes, alors?
Il n'y a qu'à celles-là que les hommes parlent avec respect.
BRIDEL, un instant de silence; il se promène, les mains derrière le dos. puis :
Vous avez écrit à monsieur Toury?
(H (lésicfue le huveiiii.)
LUCIENNE
Oui, je lui ai envoyé Louisette avec un mot...
BRIDEL
Ah! ah!
LUCIENNE
Un mot de recommandation.
BRIDEL, étonné.
De recommandation?
(Enlre Loiiiselle.)
LUCIENNE
La voici, d'ailleurs... ^4 Louisette:) Eh bien?