IRÈNE, ACTE III, SCÈNE IV
Autant elle chérit un héros opprimé. Il vaincra, puisqu'on l'aime.
IRÈNE
Eh! que sert d'être aimé?
On est plus malheureux. Je sens trop que moi-même Je crains de rechercher s'il est vrai que je l'aime, D'interroger mon cœur et d'oser seulement Demander du combat quel est l'événement, Quel sang a pu couler, quelles sont les victimes, Combien dans ce palais j'ai rassemblé de crimes. Ils sont tous mon ouvrage!
ZOÉ
A vos justes douleurs Voulez-vous du remords ajouter les terreurs? Votre père a quitté la retraite sacrée Où sa triste vertu se cachait ignorée : C'est pour vous qu'il revoit ces dangereux mortels JDont il fuyait l'approche à l'ombre des autels. Il était mort au monde; il rentre, pour sa fille, Dans ce même palais où régna sa famille. Vous trouverez en lui les consolations Que le destin refuse à vos afflictions : Jetez-vous dans ses bras.
IRÈNE
M'en trouvera-t-il digne?
Aurai-je mérité que cet effort insigne Le ramène à sa fille en ce cruel séjour, Qu'il affronte pour moi les horreurs de la cour ?