‹ Théâtre completChapitre 1037 sur 1720 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ALEXIS, ZOÉ, MEMNON, gardes.

ALEXIS

Mes ordres absolus Sont que de cette enceinte aucun mortel ne sorte : Qu'on soit armé partout, qu'on veille à cette porte. Allez. On apprendra qui doit donner la loi, Qui de nous est César, ou le pontife, ou moi. Chère Zoé, rentrez : avertissez Irène Qu'on lui doit obéir, et qu'elle s'en souvienne.

{A Memnon.) Ami, c'est avec toi qu'aujourd'hui j'entreprends De briser en un jour tous les fers des tyrans : Nicéphore est tombé ; chassons ceux qui nous

[restent, Ces tyrans des esprits que mes chagrins détestent. Que le père d'Irène, au palais arrêté, Ait enfin moins d'audace et moins d'autorité; Qu'éloigné de sa fille et réduit au silence, Il ne soulève plus les peuples de Byzance ; Que cet ardent pontife au palais soit gardé ; LTn autre plus soumis par mon ordre est mandé, Qui sera plus docile à ma ^oix souveraine. Constantin, Théodose, en ont trouvé sans peine : Plus criminels que moi dans ce triste séjour, Les cruels n'avaient pas l'excuse de l'amour.

MEMNON

César, y pensez-vous? ce vieillard intraitable,

Opiniâtre, altier, est pourtant respectable. Il est de ces vertus que, forcés d'estimer, Même en les détestant, nous tremblons d'opprimer. Eh ! ne craignez-vous point, par cette violence, De faire au cœur d'Irène une mortelle offense?

ALEXIS

Non; j'y suis résolu... Je vous dois ma grandeur, Et mon trône, et ma gloire... il manque le bonheur. Je succombe, en régnant, au destin qui m'outrage : Secondez mes transports, achevez votre ouvrage.

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