‹ Théâtre completChapitre 1049 sur 1720 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

POLYCRATE, ARGIDE.

ARGIDE.

Vous pouviez lui répondre avec plus de bonté ; Mon frère, un vieux soldat doit être respecté.

POLYCRATE

Non, mon frère : apprenez que je perdrais la vie Avant que ma captive à mes mains fut ravie. Ni la sévérité de mon père en courroux, IN ï tous ces vains traités qui parlent contre nous, Ni les foudres des dieux allumés sur ma tête, Xe m'ôteraient l'objet dont je fais ma conquête. Mon esclaveest monbien,rien nepeutm'en pri\»r : De ces lieux à l'instant je la fais enlever.

(Après l'avoir regardé quelque temps en silence.)

Blâmez-vous ce dessein que mon cœur vous confie?

ARGIDE.

Qui? moi! prétendez-vous que je vous justifie? Quel besoin auriez- vous de mon consentement? Comment approuverais-je un tel emportement? La paix avec Carthage est déjà déclarée; Agathocle aux autels aujourd'hui l'a jurée; Tous nos concitoyens nous ont été rendus: Si ce Carthaginois n'a de vous qu'un refus. Vous rallumez la guerre. .

POLYCRATE

Et c'est à quoi j'aspire; La guerre est nécessaire à ce naissant empire ; Que serions-nous sans elle?

ARGIDE.

En des temps pleins d'horreur-.

La guerre a mis mon père au faite des grandeur- : Pour soutenir longtemps ce fragile édifice, Il faut des lois, mon frère, il faut de la justice.

POLYCRATE

Des lois! c'est un vain nom dont je suis indigné ! Est-ce à l'abri des lois qu'Agathocle a régné ? Il n'en connut que deux : la force et l'artifice. La loi de Syracuse est que l'on m'obéisse. Agathocle fut maître et je veux l'égaler.

ARGIDE.

L'exemple est dangereux: il peut faire trembler: Voyez Crésus en Perse, et Denys à Corinthe.

POLYCRATE, après l'avoir regardé encore fixement.

Pensez-vous m'alarmer, m 'inspirer votre crainte? Prétendez-vous instruire Agathocle et son fils? Je voulais un service et rion pas des avis; J'avais compté sur vous....

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