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AGATHOGLE, ACTE II, SCÈNE IV

ARGIDE.

Je serai votre frère, Votre ami véritable, ardent à vous complaire, Quand vous exigerez de ma foi, de mon cœur, Tout ce que d'un guerrier peut permettre l'honneur.

POLYCRATE

Eh bien ! servez-moi donc.

ARGIDE. "

Quel dessein vous anime?

Vous voulez que je serve à vous noircir d'un crime?

POLYCRATE

Un crime, dites-vous?

ARGIDE.

Je ne puis autrement Nommer l'atrocité de cet enlèvement.

POLYCRATE

Un crime! vous osez...

ARGIDE.

Oui, j'ose vous apprendre La dure vérité que vous craignez d'entendre. Et quel autre que moi la dira sans détour?

POLYCRATE

Va, c'est où t'attendait mon malheureux amour. Traître! tu n'as pas su me cacher mon injure : De tes fausses vertus je voyais l'imposture. Je ne prétendais pas te découvrir mon cœur ; J'ai trop sondé du tien la sombre profondeur ; J'en ai vu les replis ; j'ai percé le mystère Dont tu sais fasciner les regards du vulgaire. Je voyais dans mon frère un ennemi fatal ; 11 veut paraître juste, il n'est que mon rival. Tu l'es : tu crois cacher d'un masque de prudence De l'esclave et de toi l'indigne intelligence. Plus coupable que moi, tu m'osais condamner ; Mais tu connais ton frère; il sait peu pardonner.

ARGIDE.

Je te crois; je connais ta féroce insolence; Tu crois du roi mon père exercer la puissance. Monté sur les degrés de ce suprême rang, Es-tu le seul ici qui sois né de son sang? Tu n'en as que la fange où le ciel le fit naître. Il a su la couvrir par les vertus d'un maître; Et tes égarements, qui l'ont trop démenti, T'ont remis dans le rang dont il était sorli.

POLYCRATE

Ils m'ont laissé ce bras pour punir un perfide. ELPÉNOR, arrivant, à Polycrate.

Seigneur, le roi vous mande.

POLYCRATE

Oui, j'obéis... Argide, Voilà ton dernier trait ; mais tremble à mon retour.

(Il sort.)

ARGIDE.

Je t'attends : nous verrons avant la fin du jour Si la férocité, la menace et l'outrage, [rage.

Ou cachaient ta faiblesse, ou montraient ton cou-

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