‹ Théâtre completChapitre 110 sur 1720 · ARONS, ALBIN, MESSALA · texte numérisé non relu

ARONS, ALBIN, MESSALA

ARONS, une lettre à la main.

Je commence à goûter une juste espérance ; Vous m'avez bien servi par tant de diligence. Tout succède à mes vœux. Oui, cette lettre, Albin, Contient le sort de Rome et celui de Tarquin. Avez-vous dans le camp réglé l'heure fatale? A-t-on bien observé la porte Quirinale?

L'assaut sera-t-il prêt, si par nos conjurés Les remparts cette nuit ne nous sont point livrés? Tarquin est-il content? crois-tu qu'on l'introduise Ou dans Rome sanglante ou dans Rome soumise?

AL BIX.

Tout sera prêt, seigneur, au milieu de la nuit.

Tarquin de vos projets goûte déjà le fruit.

Il pense de vos mains tenir son diadème;

11 vous doit, a-t-il dit, plus qu'à Porsenna même.

ARONS

Ou les dieux, ennemis d'un prince malheureux, Confondront des desseins si grands, si digne d'eux ; Ou demain sous ses lois Rome sera rangée ; Rome en cendres peut-être et dans son sang plongée. Mais il vaut mieux qu'un roi, sur le trône remis, Commande à des sujets malheureux et soumis, Que d'avoir à dompter, au sein de l'abondance,

D'un peuple trop heureux l'indocile arrogance.

(A Albin.) Allez; j'attends ici la princesse en secret.

(A Messala.)

Messala, demeurez.

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