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L'ENFANT PRODIGUE, ACTE III, SCÈNE IL

Mourir de faim est par trop rigoureux : Tiens, nous avons quatre mains à nous deux ; Servons-nous-en sans complainte importune. Vois-tu d'ici ces gens dont la fortune Est dans leurs bras, qui, la bêche à la main, Le dos courbé, retournent ce jardin?

Enrôlons-nous parmi cette canaille; Viens avec eux, imite-les, travaille, Gagne ta vie.

EUPHÉMON FILS.

Hélas! dans leurs travaux, Ces vils humains, moins hommes qu'animaux, Goûtent des biens dont toujours mes caprices M'avaient privé dans mes fausses délices: Ils ont au moins, sans trouble, sans remords, La paix de l'àme et la santé du corps.

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