L'ENFANT PRODIGUE, ACTE III, SCÈNE V
JASMIN
Mais.... c'est mon camarade,
Vn pauvre hère affamé comme moi,
Qui, n'ayant rien, cherche aussi de l'emploi.
EUPHÉMON.
On peut tous deux vous occuper peut-être. A-t-il des mœurs? est-il sage?
JASMIN
Il doit l'être.
Je lui connais d'assez bons sentiments; Il a, de plus, de fort jolis talents; Il sait écrire, il sait l'arithmétique, Dessine un peu, sait un peu de musique : Ce drôle-là fut très-bien élevé.
EUPHÉMON.
S'il est ainsi, son poste est tout trouvé. Jasmin, mon fils deviendra votre maître : Il se marie, et dès ce soir peut-être; Avec son bien son train doit augmenter. Un de ses gens qui vient de le quitter Vous laisse encore une place vacante :
Tous deux ce soir il faut qu'on vous présente; Vous le verrez chez Rondon, mon voisin; J'en parlerai. J'y vais : adieu, Jasmin. En attendant, tiens, voici de quoi boire.