ACTE V, SCENE VII
Vous dans mesbiens, moi, monsieur, dans son cœur.
EUPHÉMON PÈRE.
Non, sa bonté si désintéressée Ne sera pas si mal récompensée ; Non, Euphémon, ton père ne veut pas T'offrir sans bien, sans dot, à ses appas.
RONDON.
Oh ! bon cela.
MADAME CROUPILLAC.
Je suis émerveillée, Toute ébaubie, et toute consoler.
Ce gentilhomme est venu tout exprès, En vérité, pour venger mes attraits.
(A Euphémon fils.) Vite, épousez : le ciel vous favorise, Car tout exprès pour vous il a fait Lise : Et je pourrais par ce bel accident, Si l'on voulait, ravoir mon président.
LISE
(A Rondon.) De tout mon cœur. Et vous, souffrez, mon père, Souffrez qu'une âme et fidèle et sincère, Qui ne pouvait se donner qu'une fois, Soit ramenée à ses premières lois.
RONDON.
Si sa. cervelle est enfin moins volage....
LISE
Oh ! j'en réponds.
RONDON.
S'il t'aime, s'il ost sage....
LISE
N'eu doutez pas.
RONDON.
Si surtout Euphémon D'une ample dot lui fait un large don, J'en suis d'accord.
FIERENFAT.
Je gagne en cette affaire Beaucoup, sans doute, en trouvant un mien frère. Mais cependant je perds en moins de rien Mes frais de noce, une femme, et du bien.
Eh! fi, \ilain! quel cœur sordide et chiche! Faut-il toujours courtiser la plus riche? N'ai-je donc pas en contrats, en châteaux, Assez pour vivre, et plus que tu ne vaux? Ne suis-je pas en date la première ?
N'as-tu pas fait, dans l'ardeur de me plaire, De longs serments, tous couchés par écrit, Des madrigaux, des chansons sans esprit? Entre les mains j'ai toutes tes promesses : Nous plaiderons; je montrerai les pièces. Le parlement doit, en semblable cas, Rendre un arrêt contre tous les ingrats.
RONDON.
Ma foi, l'ami, crains sa juste colère;