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L'ENVIEUX, ACTE I, SCÈNE X

Te faisait parvenir jusqu'à baiser sa main, N'est-il pas vrai, mon cher, que tu serais en proie A de tendres désirs, à des transports de joie ?

NICODON.

Oui, j'en conviens, mon oncle.

ZOÏLTN.

Et si cette beauté Daignait pour ta personne avoir quelque bonté?

NICODON.

Quel conte faites-vous?

ZOÏLTN.

ZOÏLIN.

Bon, bon.

Donne; lisons un peu. Voyons si l'on y trouve Quelques mots un peu vifs, et ce que cela prouve. Ce qu'on peut en tirer.

(// lit.) L'amour.... Ah! l'y voilà!

L 'amour...

N ICO DON.

Oui, mais lisez; le mot d'amour est là

Dans un tout autre sens que vous semblez le croire.

Tu serais plein de zèle, j Tournez, voyez plutôt; c'est l'amour de la gloire.

Aussi tendre qu'heureux, aussi vif que fidèle.

NICODON.

Ah! je deviendrais fou de ma félicité.

ZOÏLIN.

Eh bien, tu l'aimes donc: c'est sans difficulté.

NICODON.

Eh mais...

ZOÏLIX.

T'ayant prouvé ton amour sans réplique, Tu conçois tout d'un coup, sans trop de rhétorique, Que de cet Ariston tu dois être jaloux, Que tu l'es, qu'il le faut.

NICODON.

Ariston, dites-vous, En serait amoureux? Ariston sait lui plaire?

L'amour de la vertu.

ZOÏLIN, tirant un cahier de sa po' lie.

Va, va, jeune innocen!.

Tais-toi. Pour ton bonheur, obéis seulement. Porte chez Ariston ce paquet d'importance, Et parmi ses papiers le glisse avec prudence. Ta fortune en dépend.

NICODON.

Mais, mon oncle, l'honneur....

zoïlin. [cœur.

Eh oui, l'honneur ! mon Dieu ! j'ai l'honneur fort à

Faisons d'abord fortune, et puis je te proteste

Qu'à la suite du bien l'honneur viendra de reste.

NICODON.

Mais enfin vous savez jusqu'où va sa bonté ;

ZOÏLIN.

Sans doute: ils sont amants; c'est une vieille af-

NICODON.

Voyez donc ! je croyais qu'ils n'étaient rien qu'amis.

ZOÏLTN.

Dans quelle sotte erreur ta jeunesse t'a mis! Apprends, pauvre écolier, cà connaître les hommes. 11 n'est point d'amitié dans le siècle où noussommes, Et, pour peu qu'une femme ait quelques agréments, Ses amis prétendus sont de secrets amants.

MCODON.

Eh bien, je pourrais donc à mon tour aussi l'être ?

ZOÏLIN.

Sans doute, et sur les rangs je te ferai paraître.

NICODON.

Moi?

ZOÏLIN.

Toi-même, et pour toi je lui crois quelque amour.

NICODON.

Quoi?

ZOÏLIN.

Mais chez Ariston lorsque tu fais ta cour, As-tu dans ses papiers, ouverts par négligence, Ramassé par hasard quelques lettres d'Hortense ? C'est un conseil prudent que je t'ai répété ; Car tu sais qu'elle écrit avec légèreté, Avec esprit, d'un air si tendre et si facile ! Et tout ce que j'en dis, c'est pour former ton style.

NICODON.

Oui, j'ai, mon très-cher oncle, à cette intention Pris, pour vous obéir, ces deux lettres.

[faire. 11 nous protège.

ZOÏLIN.

P>on, par pure vanité ; 11 est jaloux de toi dans le fond de son âme.

NICODON.

Vous croyez ?

ZOÏLIX.

11 voit bien que tu plais à madame.

NICODON.

Je ne me croyais pas, ma foi, si dangereux.

ZOÏLIN.

Tu l'es. Adieu, te dis-je, et fais ce que je veux.

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