‹ Théâtre completChapitre 115 sur 1720 · TITUS, TULLIE · texte numérisé non relu

TITUS, TULLIE

TITUS

Madame, est-il bien vrai? daignez-vous voir encore Cet odieux Romain que votre cœur abhorre, Si justement haï, si coupable envers vous, Cet ennemi...?

TULLIE

Seigneur, tout est changé pour nous.

Le destin me permet... Titus... il faut me dire Si j'avais sur votre àme un véritable empire.

TITUS

Eh! pouvez-vous douter de ce fatal pouvoir, De mes feux, de mon crime et de mon désespoir? Vous ne l'avez que trop cet empire funeste; L'amour vous a soumis mes jours que je déteste : Commandez, épuisez votre juste courroux; Mon sort est en vos mains.

TULLIE

Le mien dépend de vous.

TITUS

De moi! Titus tremblant ne vous en croit qu'à peine : Moi, je ne serais plus l'objet de votre haine! Ah! princesse, achevez; quel espoir enchanteur M'élève en un moment au faîte du bonheur !

TULLIE, en donnant la lettre.

Lisez, rendez heureux, vous, Tullie et mon père.

[Tandis qu'il lit.) Je puis donc me flatter... Mais quel regard sévère ! D'où vient ce morne accueil et ce front consterné ? Dieux !

TITUS

Je suis des mortels le plus infortuné; Le sort, dont la rigueur à m'accabler s'attache,

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