SCÈNE II
ARISTON, CLITANDRE, un laquais.
LE LAQUAIS
Venez,, monsieur, venez; cachez-vous au plus vile. Changez d'habit, de train, gagnez un autre gîte.
Que veux- tu?
CUTANDRE.
Que dis- lu ?
LE LAQUAIS, à Ariston.
D'un pas délibéré Esquivez-vous, vous dis-je, ou vous êtes coffré.
CLITANDRE
< > ciel !
ARISTON
Mes ennemis auraient-ils bien Ja rage ?...
LE LAQUAIS
Vingt monstres bleus là-bas vous guelteii! ;ui pasariston. [sage.
Quelle horreur !
CLITANDRE
Essayons si Ton peut vous cacher.
ARISTON
Non, mon ami, sans doute on a su l'empêcher. Croyez qu'on y prend garde et qu'une vaine fuite Servirait seulement à noircir ma conduite. Clitandre, je veux voir à quelle extrémité Un homme vertueux sera persécuté.
Je connaîtrai du moins quel est mon caractère ; Je n'étais point bouffi d'un sort assez prospère; Et, puisque le bonheur ne m'avait point gâté, Peut-être je saurai souffrir l'adversité.
CLITANDRE
Je ue vous quitte point; il faut que je partage Dans l'horreur des prisons le sort qui vous outra av.
LE LAQUAIS, à part.
Voilà de soltes gens ! quelle démangeaison Leur a pris à tous deux d'aller vivre en prison ?
(77 sort.)
ARISTON
Je ne le peux souffrir. Autrefois ma fortune
En me favorisant dut nous être commune :
Il faut que mon malheur soil pour moi louleulier.
Restez heureux au monde où l'on va m'oublier.
(Il aperçoit Nicodon.) Ah ! vous voici, jeune homme !