‹ Théâtre completChapitre 1170 sur 1720 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DARMIN, ADINE.

ADINE, habillée en Turc.

Ah ! mon cher oncle ! ah ! quel cruel voyage ! Que de dangers! quel étrange équipage!

Il faut encor cacher sous un turban Mon nom, mon cœur, mon sexe et mon tourmenl

DARMIN.

Nous arrivons : je te plains; mais, ma nièce, Lorsque ton père est mort consul en Grèce, Quand nous étions tous deux après sa mort Privés d'amis, de biens et de support, Que ta beauté, tes grâces, ton jeune âge, N'élaient pour toi qu'un funeste avantage;

Pour comble enfin, quand un maudit bâcha Si vivement de toi s'amouracha, Que faire alors? Ne fus-tu pas réduite A te cacher, te masquer, partir vite?

ADINE

D'autres dangers sont préparés pour moi.

DARMIN.

Ne rougis point, ma nièce, calme-toi :

Car à la hâte avec nous embarquée, Yètue en homme, en jeune Turc masquée, Tu ne pouvais, ma nièce, honnêtement Te dépêtrer de cet accoutrement, Prendre du sexe et l'habit et la mine Devant les yeux de vingt gardes-marine, Qui tous étaient plus dangereux pour toi Qu'un vieux bâcha n'ayant ni foi ni loi. Mais, par bonheur, tout s'arrange à merveille, Et nous voici débarqués dans Marseille, Loin des bâchas et près de tes parents,

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