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SCENE II

DORFISE, ADINE.

DORFISE.

Entrez, monsieur; bonjour, monsieur. ..Je tremble. Asseyez-vous

Je suis tout interdit...

Pardonnez-moi, madame; on m'avait dit

Qu'une autre

DORFISE, tendrement.

Eh bien! c'est moi qui suis cette autre. Rassurez-vous; quelle peur est la vôtre? Avec Blanford ma cousine aujourd'hui Dîne dehors : tenez-moi lieu de lui.

[Elle le fait asseoir.) ADINE.

Ah! qui pourrait en tenir lieu, madame? Est-il un feu comparable à sa flamme?

Et quel mortel égalerait son cœur En grandeur d'âme, en amour, en valeur?

DORFISE.

Vous en parlez, mon fils, avec grand zèle; Votre amitié paraît vive et fidèle :

J'admire en vous un si beau naturel.

ADINE

C'est un penchant bien doux, mais bien cruel.

DORFISE.

Que dites -vous? La charmante jeunesse Doit éprouver une honnête tendresse :

Par de saints nœuds il faut qu'on soit lié, Et la vertu n'est rien sans l'amitié.

ADINE

Ah! s'il est vrai qu'un naturel sensible De la vertu soit la marque infaillible, J'ose vous dire ici sans vanité Que je me pique un peu de probité.

Mon bel enfant, je me crois destinée

A cultiver une âme si bien née.

Plus d'une femme a cherché vainement

Un ami tendre, aussi vif que prudent,

Qui possédât les grâces du jeune âge

Sans en avoir l'empressement volage;

Et je me trompe à votre air tendre et doux,

Ou tout cela paraît uni dans vous.

Par quel bonheur une telle merveille

Se trouve-t-elle aujourd'hui dans Marseille?

[Elle approche son fauteuil.)

ADINE

J'étais en Grèce, et le brave Blanford En ce pays me passa sur son bord.

Je vous l'ai dit deux fois.

DOHFlSË,

Une troisième A -mon oreille est un plaisir extrême.

Mais dites-moi pourquoi ce front charmant Et si français est coiffé d'un turban

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