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LA PRUDE, ACTE IV, SCÈNE VII

Qu'il s'agit là du bonheur de ma vie.

ADINE

Oui, je vous aime; oui, oui, je vous promets Que je ne veux vous abuser jamais.

BLANFORD.

J'en suis charmé. Mais dites-moi, de grâce, Ce qui s'est fait et tout ce qui se passe.

ADINE

D'abord Dorfise...

BLANFORD.

Alte-là, mon mignon; C'est sa cousine : avouez-le-moi.

ADINE

Non.

BLANFORD.

Eh bien! voyons.

Dorfise à sa toilette M'a fait venir par la porte secrète.

BLANFORD.

Mais ce n'est pas pour Dorfise.

ADINE

Si fait.

BLANFORD.

C'est de la part de madame Burlet.

ADINE

Eh ! non, monsieur, je vous dis que Dorfise S'était pour moi de bienveillance éprise.

BLANFORD.

Petit fripon!

ADINE

L'excès de ses bontés Était tout neuf à mes sens agités.

Un tel amour n'est pas fait pour me plaire. Je ne sentais qu'une juste colère :

Je m'indignais, monsieur, avec raison, Et de sa flamme et de sa trahison; Et je disais que, si j'étais comme elle, Assurément je serais plus fidèle.

BLANFORD.

Ah ! le pendard ! comme on a préparé De ses discours le poison trop sucré ! Eh bien ! après ?

Eh bien! son éloquence Déjà prenait un peu de véhémence.

Soudain, monsieur, elle jette un grand cri : On heurte, on entre, et c'était son mari.

BLANFORD.

Son mari? bon ! quels sots contes j'écoule ! C'était ce fou de chevalier, sans doute.

ADINE

Oh ! non, c'était un véritable époux,

Car il était bien brutal, bien jaloux;

Il menaçait d'assassiner sa femme;

Il la nommait fausse, perfide, infâme.

Il prétendait me tuer aussi, moi,

Sans que je susse, hélas! trop bien pourquoi.

Il m'a fallu conjurer sa furie,

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