‹ Théâtre completChapitre 1237 sur 1720 · LA BARONNE, NANINE · texte numérisé non relu

LA BARONNE, NANINE

NANINE

Madame?

LA BARONNE

Mais est-elle donc si belle?

Ces grands yeux noirs ne disent rien du tout; Mais s'ils ont dit : « J'aime.... » Ah! je suis à bout. Possédons-nous. Venez.

NANINE

Je viens me rendre A mon devoir.

LA BABONNE.

Vous vous faites attendre Un peu de temps; avancez-vous. Comment ! Comme elle est mise! et quel ajustement! Il n'est pas fait pour une créature De votre espèce.

NANINE

Il est vrai. Je vous jure, Par mon respect, qu'en secret j'ai rougi Plus d'une fois d'être vêtue ainsi; Mais c'est l'effet de vos bontés premières, De ces bontés qui me sont toujours chères. De tant de soins vous daigniez m'honorer! Vous vous plaisiez vous-même à me parer. Songez combien vous m'aviez protégée :

Sous cet habit je ne suis point changée. Voudriez-vous, madame, humilier Un cœur soumis, qui ne peut s'oublier?

LA BARONNE

Approchez-moi ce fauteuil.... Ah! j'enrage.... D'où venez-vous?

NANINE

Je lisais.

LA BARONNE

Quel ouvrage?

NANINE

Un livre anglais dont on m'a fait présent.

Sur quel sujet?

NANINE

Il est intéressant :

L'auteur prétend que les hommes sont frères; Nés tous égaux; mais ce sont des chimères, Je ne puis croire à cette égalité.

LA BABONNE.

Elle y croira. Quel fonds de vanité!

Que l'on m'apporte ici mon écritoire.ô.

NANINE

J'y vais.

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