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SCÈNE IX

LE COMTE, GERMON

LE COMTE

Elle pleurait. D'une femme orgueilleuse

Depuis longtemps l'aigreur capricieuse

La fait gémir sous trop de dureté;

Et de quel droit? par quelle autorité?

Sur ces abus ma raison se récrie.

Ce monde-ci n'est qu'une loterie

De biens, de rangs, de dignités, de droits,

Brigués sans titre et répandus sans choix.

Hé!

GERMON

Monseigneur?...

LE COMTE

Demain sur sa toilette Vous porterez cette somme complète De trois cents louis d'or : n'y manquez pas ; Puis vous irez chercher ces gens là-bas; Ils attendront.

GERMON

Madame la baronne Aura l'argent que monseigneur me donne Sur sa toilette.

LE COMTE

Eh! l'esprit lourd! eh non!

C'est pour Nanine, entendez-vous?

germon.

Pardon.

LE COMTE

Allez, allez, laissez-moi.

(Germon sort.) Ma tendresse Assurément n'est point une faiblesse.

Je l'idolâtre, il est vrai; mais mon cœur Dans ses yeux seuls n'a point pris son ardeur. Son caractère est fait pour plaire au sage, Et sa belle âme a mon premier hommage; Mais son état? Elle est trop au-dessus; Fùt-il plus bas, je l'en aimerais plus. Mais puis-je enfin l'épouser? Oui, sans doute. Pour être heureux, qu'est-ce donc qu'il en coûte? D'un monde vain dois-je craindre l'écueil, Et de mon goût me priver par orgueil? Mais la coutume?... Eh bien ! elle est cruelle, Et la nature eut ses droits avant elle. Eh quoi! rival de Biaise! Pourquoi non? Biaise est un homme; il l'aime, il a raison. Elle fera dans une paix profonde Le bien d'un seul et les désirs du monde. Elle doit plaire aux jardiniers, aux rois; Et mon bonheur justifiera mon choix.

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