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LE COMTE, LA BARONNE, LA MARQUISE

LA MARQUISE

Or çà, mon fils, vous épousez madame?

LE COMTE 4

Eh! oui.

LA MARQUISE

Ce soir elle est donc votre femme?

Elle est ma bru?

LA BARONNE

Si vous le trouvez bon :

J'aurai, je crois> votre approbation.

LA MARQUISE

Allons, allons, il faut bien y souscrire ; Mais dès demain chez moi je me retire.

LE COMTE

Vous retirer! eh! ma mère, pourquoi?

LA MARQUISE

J'emmènerai ma Nanine avec moi.

Vous la chassez, et moi je la marie ; Je lais la noce en mon château de Brie, Et je la donne au jeune sénéchal, Propre neveu du procureur fiscal,

Jean Roc Souci ; c'est lui de qui le père Eut à Corbeil cette plaisante affaire. De cette enfant je ne puis me passer; C'est un bijou que je veux enchâsser.

Je vais la marier... Adieu.

LE COMTE

Ma mère, Ne soyez pas contre nous en colère; Laissez Nanine aller dans le couvent; Ne changez rien à notre arrangement.

LA BARONNE

Oui, croyez-nous, madame, une famille Ne se doit point charger de telle fille.

LA MARQUISE

Comment? quoi donc?

LA BARONNE

Peu de chose.

LA MARQUISE

Mais...

LA BARONNE

Rien.

LA MARQUISE

Rien, c'est beaucoup. J'entends, j'en tends fort bien.

Aurait-elle eu quelque tendre folie?

Cela se peut, car elle est si jolie !

Je m'y connais; on tente, on est tenté :

Le cœur a bien de la fragilité;

Les filles sont toujours un peu coquettes :

Le mal n'est pas si grand que vous le faites.

Çà, contez-moi sans nul déguisement

Tout ce qu'a fait notre charmante enfant.

LE COMTE

Moi, vous conter?...

LA MARQUISE

Vous avez bien la mine D'avoir au fond quelque goût pour Nanine; El vous pourriez...

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