NAN1NE, ACTE III, SCÈNE VIII
LA MARQUISE
Mon fils...
LE COMTE
Ma mère, il s'agit d'être heureux.
L'intérêt seul a fait cent mariages.
Nous avons vu les hommes les plus sages Ne consulter que les mœurs et le bien : Elle a les mœurs, il ne lui manque rien. Et je ferai par goût et par justice Ce qu'on a fait cent fois par avarice. Ma mère, enfin, terminez ces combats Et consentez.
nanine.
Non, n'y consentez pas ; Opposez-vous à sa flamme... à la mienne; Voilà de vous ce qu'il faut que j'obtienne.
L'amour l'aveugle, il le faut éclairer.
Ah! loin de lui laissez-moi l'adorer.
Voyez mon sort, voyez ce qu'est mon père : Puis-je jamais vous appeler ma mère?
LA MARQUISE
Oui, tu le peux, tu le dois; c'en est fait : Je ne tiens pas contre ce dernier trait; Il nous dit trop combien il faut qu'on t'aime, Il est unique aussi bien que toi-même.
NANINE
J'obéis donc à votre ordre, à l'amour; Mon cœur ne peut résister.
LA MARQUISE
Que ce jour Soit des vertus la digne récompense, Mais sans tirer jamais à conséquence!