‹ Théâtre completChapitre 1275 sur 1720 · MADAME DURU, LE MARQUIS, ÉRISE · texte numérisé non relu

MADAME DURU, LE MARQUIS, ÉRISE

Ah! venez, belle Érise, Fléchissez votre mère, et daignez la toucher : Je ne la connais plus, c'est un cœur de rocher.

MADAME DURU

Quel rocher ! Vous voyez un homme ici, ma fille, Qui veut obstinément être de la famille : Il est pressant, je crains que l'ardeur de ce feu, Le rendant importun, ne vous déplaise un peu.

ÉRISE.

Oh ! non, ne craignez rien; s'il n'apu vous déplaire, Croyez que contre lui je n'ai point de colère : J'aime à vous obéir. Comment ne pas vouloir Ce que vous commandez, ce qui fait mon devoir, Ce qui de mon respect est la preuve si claire?

MADAME DURU

Je ne commande point.

ÉRISE.

Pardonnez-moi, ma mère; Vous l'avez commandé, mon cœur en est témoin.

LE MARQUIS

De me justifier elle-même prend soin.

Nous sommes deux ici contre vous. Ah! madame, Soyez sensible aux feux d'une si pure flamme; Vous l'avez allumée et vous ne voudrez point Voir mourir sans s'unir ce que vous avez joint.

[A Érise.)

Parlez donc, aidez-moi. Qu'avez-vous à sourire?

ÉRISE.

Mais vous parlez si bien que je n'ai rien à dire; J'aurais peur d'être trop de votre sentiment, Et j'en ai dit, me semble, assez honnêtement.

MADAME DURU

Je vois, mes chers enfants, qu'il est fort nécessaire De conclure au plus tôt cette importante affaire. C'est pitié de vous voir ainsi sécher tous deux,

Et mon bonheur dépend du succès de vos vœux : Mais mon mari?

LE MARQUIS

Toujours son mari ! sa faiblesse De cet épouvantail s'inquiète sans cesse.

ÉRISE.

Il est mon père.

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