‹ Théâtre completChapitre 1276 sur 1720 · MADAME DURU, LE MARQUIS, ÉRISE, DAMIS · texte numérisé non relu

MADAME DURU, LE MARQUIS, ÉRISE, DAMIS

DAMIS

Ah ! ah ! l'on parle donc ici D'hyménée et d'amour? je veux m'y joindre aussi. Votre bonté pour moi ne s'est point démentie; Ma mère me mettra, je crois, de la partie. Monsieur a la bonté de m'accorder sa sœur; Je compte absolument jouir de cet honneur, Non point par vanité, mais par tendresse pure. Je l'aime éperdument, et mon cœur vous conjure De voir avec pitié ma vive passion.

Voyez-vous, je suis homme à perdre la raison ; Enfin c'est un parti qu'on ne peut plus combattre. Une noce, après tout, suffira pour nous quatre. Il n'est pas trop commun de savoir en un jour Rendre deux cœurs heureux par les mains de l'a-

[mour ; Mais faire quatre heureux par un seul coup de plume, Par un seul mot, ma mère, et contre la coutume, C'est un plaisir divin qui n'appartient qu'à vous ; Et vous serez, ma mère, heureuse autant que nous.

LE MARQUIS

Je réponds de ma sœur, je réponds de moi-même ; Mais madame balance, et c'est en vain qu'on aime.

ÉRISE.

Ah! vous êtes si bonne! auriez-vous la rigueur De maltraiter un fils si cher à votre cœur? Son amour est si vrai, si pur, si raisonnable! Vous l'aimez; voulez-vous le rendre misérable?

DAMIS

Désespérerez-vous par tant de cruautés Une fille toujours souple à vos volontés? Elle aime tout de bon, et je me persuade Que le moindre refus va la rendre malade.

ÉRISE.

Je connais bien mon frère et j'ai lu dans son cœur :

Un refus le ferait expirer de douleur.

Pour moi, j'obéirai sans réplique à ma mère,

DAMIS

Je parle pour ma sœur.

ÉRISE.

Je parle pour mon frère,

LE MARQUIS

Moi, je parle pour tous.

Écoutez donc tous trois.

Vos amours sont charmants, et vos goûts sont mon Je sens combien m'honore une telle alliance; [choix,

Page 1