LA FEMME QUI A RAISON, ACTE III, SCENE IV
Dorl avec votre fille; et mon gendre au logis Avec ma fille dort; et tout dort. Quelle rage Vous a l'ait cette nuit presser ce mariage?
M. GRIPON.
Es-tu devenu fou?
M. DURU
Quoi ! mon fils ne tient pas A présent dans son lit Phlipotte et ses appas? Les noces cette nuit n'auraient pas été laites?
M. GRIPON.
Ma fille a cette nuit repassé ses cornettes : Elle s'habille en hâte; et mon fils, son cadet, Pour épargner les frais, met le contrat au net.
M. DURU
Juste ciel! quoi! ton fils n'est pas avec ma fille?
Non, sans doute.
M. DURU
Le diable est donc dans ma famille?
M. GRIPON.
Je le crois.
M. DURU
Ah! fripons! femme indigne du jour!
Vous payerez bien cher ce détestable tour! [tre! Lâches,vous apprendrez que c'est moi qui suis mai- Approfondissons tout; je prétends tout connaître. Fais descendre mon fils : va, compère; dis-lui Qu'un ami de son père, arrivé d'aujourd'hui, Veut lui parler d'affaire et ne saurait attendre.
M. GRIPON.
Je vais te l'amener : il faut punir mon gendre; Il faut un commissaire, il faut verbaliser, Il faut venger Phlipotte.
M. DURU
Eh! cours, sans tant jaser.
M. GRIPON , revenant.
Cela pourra coûter quelque argent, mais n'importe.
M. DURU
Eh ! va donc.
M. GRIPON, revenant.
Il faudra faire amener main-forte.
M. DURU
Va, te dis-je.
J'y cours.