‹ Théâtre completChapitre 132 sur 1720 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

les sénateurs, BRUTUS, VALÉRIUS, PROCULUS.

BRUTUS

Eh bien! Valérius, Ils sont saisis sans doute, ils sont au moins connus? Quel sombre et noir chagrin, couvrant votre visage, De maux encor plus grands semble être le présage? Vous frémissez.

VALÉRIUS

Songez que vous êtes Brutus.

BRUTUS

Expliquez-vous....

VALÉRIUS

Je tremble à vous en dire plus, (Il lui donne des tablettes.) Voyez, seigneur; lisez, connaissez les coupables.

BRUTUS, prenant les tablettes.

Me trompez-vous, mes yeux ? 0 jours abominables ! 0 père infortuné ! Tibérinus ? mon fils ! Sénateurs, pardonnez... Le perfide est-il pris?

VALÉRIUS

Avec deux conjurés il s'est osé défendre ; Ils ont choisi la mort plutôt que de se rendre. Percé de coups, seigneur, il est tombé près d'eux : Mais il reste h vous dire un malheur plus affreux, Pour vous, pour Rome entière, et pour moi plus brutus. [sensible.

Qu'entends-je?

VALÉRIUS

Reprenez cette liste terrible, Que chez Messala même a saisi Proculus. brutus.

Lisons donc... Je frémis, je tremble. Ciel ! Titus!

(// se laisse tomber entre les bras de Proculus.)

VALÉRIUS

Assez près de ces lieux je l'ai trouvé sans armes, Errant, désespéré, plein d'horreur et d'alarmes. Peut-être il détestait cet horrible attentat.

BRUTUS

Allez, pères conscrits, retournez au sénat ;

Il ne m'appartient plus d'oser y prendre place :

Allez, exterminez ma criminelle race;

Punissez-en le père, et jusque dans mon flanc

Recherchez sans pitié la source de leur sang.

Je ne vous suivrai point, de peur que ma présence

Ne suspendit de Rome ou fléchit la vengeance.

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