‹ Théâtre completChapitre 1322 sur 1720 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Lady ALTON, POLLY, LINDANE.

LADY ALTON, à Polly, qui passe de la chambre de sa maîtresse dans une chambre du café.

Mademoiselle, allez dire tout à l'heure à votre maîtresse qu'il faut que je lui parle, qu'elle ne craigne rien, que je n'ai que des choses très-agréables à lui dire; qu'il s'agit de son bonheur {avec emportement), et qu'il faut qu'elle vienne tout à l'heure, tout à l'heure : entendez-vous? qu'elle ne craigne point, vous dis-je.

L'ECOSSAISE, ACTE III, SCÈNE 111

TOLLY

Ohî madame, nous jic craignons rien; mais votre physionomie me fait trembler.

LADY ALTON

Nous verrons si je ne viens pas à bout de cette fille vertueuse avec les propositions que je vais lui faire.

LINDANE, arrivant tonte tremblante, soutenue par Polhj.

Que voulez-vous, madame?' venez-vous insulter encore à ma douleur?

Non; je viens vous rendre heureuse. Je sais que vous n'avez rien ; je suis riche, je suis grande dame: je vous offre un de mes châteaux sur les frontières d'Ecosse, avec les terres qui en dépendent; allez-y vivre avec votre famille, si vous en avez; mais il faut dans l'instant que vous abandonniez milord pour jamais, et qu'il ignore, toute sa vie, votre retraite.

LINDANE

Hélas! madame, c'est lui qui m'abandonne; ne soyez point jalouse d'une infortunée ; vous m'offrez en vain une retraite; j'en trouverai sans vous une éternelle, dans laquelle je n'aurai pas au moins à rougir de vos bienfaits.

LADY ALTON

Comme vous me répondez, téméraire !

LINDANE

La témérité ne doit point être mon partage; mais la fermeté doit l'être. Ma naissance vaut bien la vôtre; mon cœur vaut peut-être mieux ; et quant à ma fortune, elle ne dépendra jamais de personne,

encore moins de ma rivale.

( Elle sort.) LADY ALTON, seule.

Elle dépendra de moi. Je suis fâchée qu'elle me réduise à cette extrémité. Mais enfin, elle m'y a forcée. Infidèle amant! passion funeste!

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