CIO
L'ÉCOSSAISE, ACTE IV, SCÈNE IV
honnête homme; comment se porte cette belle et respectable personne que vous avez le bonheur de posséder chez vous?
FABRICE
Milord, elle a été très-malade depuis qu'elle ne vous a vu; mais je suis sûr qu'elle se portera mieux aujourd'hui.
LORD MURRAY
Grand Dieu, protecteur de l'innocence, je t'implore pour elle! Daigne te servir de moi pour rendre justice à la vertu, et pour tirer d'oppression les infortunés! Grâce à tes bontés et à mes soins, tout m'annonce un succès favorable. (A Fabrice.) Ami, laisse-moi parler en particulier à cet homme. (En montrant Frelon.)
FRELON, à Fabrice,
Eh bien! tu vois qu'on t'avait bien trompé sur mon compte, et que j'ai du crédit à la cour. FABRICE, en sortant.
Je ne vois point cela.
LORD MURRAY, à Frelon.
Mon ami.
FRELON
Monseigneur, permettez-vous que je vous dédie un tome...?
LORD MURRAY
Non, il ne s'agit point de dédicace. C'est vous qui avez appris à mes gens l'arrivée de ce vieux gentilhomme venu d'Ecosse; c'est vous qui l'avez dépeint, qui êtes allé faire le même rapport aux gens du ministre d'État.
Monseigneur, je n'ai fait que mon devoir. LORD MURRAY, lui donnant quelques guinées.
Vous m'avez rendu service sans le savoir; je ne regarde pas à l'intention : on prétend que vous vouliez nuire, et quevous avez fait du. bien; tenez, voilà pour le bien que vous avez fait; mais si vous vous avisez jamais de prononcer le nom de cet homme et de mademoiselle Lindane, je vous ferai jeter par les fenêtres de votre grenier. Allez.
FRELON
Grand merci, monseigneur. Tout le monde me dit des injures et me donne de l'argent : je suis plus habile que je ne croyais.