SCÈNE XII
Les précédents, ACANTHE, COLETTE, DIGNÂNT.
ACANTHE
Où suis-je? hélas! et quel nouveau malheur! Je vois mon père avec mon ravisseur!
DIGNANT.
Madame, hélas! vous n'avez plus de père.
ACANTHE
Madame, à moi! qu'entends-je? quel mystère.
LE MARQUIS
Il est bien grand. Tout éprouve en ce jour Les coups du sort et surtout de l'amour: Je me soumets à leur pouvoir suprême.
Eh! quel mortel fait son destin soi-même?... Nous sommes tous, madame, à vos genoux : Au lieu d'un père, acceptez un époux.
ACANTHE
Ciel! est-ce un rêve?
LE MARQUIS
On va tout vous apprendre Mais à nos vœux commencez par vous rendre Et par régner pour jamais sur mon cœur.
ACANTHE
Moi ! comment croire un tel excès d'honneur?
LE MARQUIS
Vous, libertin, je vais vous rendre sage; Et dès demain je vous mets en ménage Avec Dormène : elle s'y résoudra.
LE CHEVALIER
J'épouserai tout ce qu'il vous plaira.
COLETTE
Et moi donc?
LE MARQUIS
Toi! ne crois pas, ma mignonne, Qu'en faisant tous les lots je t'abandonne : Ton Mathurin te quittait aujourd'hui, Je te le donne; il t'aura malgré lui.
Tu peux compter sur une dot honnête.... Allons danser, et que tout soit en fête. ■ J'avais cherché la sagesse, et mon cœur, Sans rien chercher, a trouvé le bonheur.