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CHARLOT, ACTE I, SCÈNE III

Allons, console-toi.

L'INTENDANT, écrivant.

La chose est mal pourtant... Madame la comtesse ^'entend pas que l'on fasse une telle caresse A ses gens; et Guillot est le fils d'un fermier, Homme de bien.

GUILLOT

Sans doute.

l'intendant.

Et fort lent à payer.

guillot.

Ça peut être.

Oui.

L INTENDANT

Guillot est d'un bon caractère.

GUILLOT

L INTENDANT

C'est un innocent.

guillot.

Pas tant.

BABET

Qu'as-tu pu faire Pour acquérir ainsi deux soufflets du marquis ?

GUILLOT

Il est jaloux, il t'aime.

BABET

Est-il bien vrai?... Tu dis Que je plais à monsieur ?

guillot.

Oh ! tu ne lui plais guère; Mais il t'aime en passant, quand il n'a rien à faire. Je dois, comme tu sais, épouser tes attraits; Et pour présent de noce il donne des soufflets.

BABET

Monsieur m'aimerait donc?

MADAME AUBONNE

Quelle sotte folie !

Le marquis est promis à la belle Julie, Cousine de madame, et qui, dans la maison, Est un modèle heureux de beauté, de raison, Que j'élevai longtemps, que je formai moi-môme : C'est pour lui qu'on la garde, et c'est elle qu'il aime.

guillot.

Oh bien, il en veut donc avoir deux à la fois? Ces jeunes grands.'seigneurs ont de terribles droits ; Tout doit être pour eux, femmes de cour, de ville, Et de village encore : ils en ont une file; Ils vous écrément tout, et jamais n'aiment rien. Qu'ils me laissent Babet; parbleu, chacun le sien.

BABET

Tu m'aimes donc vraiment ?

guillot»

Oui, de tout mon courage ; Je t'aime tant, vois-tu, que quand sur mon passage Je vois passer Chariot, ce garçon si bien fait, Quand je vois ce Chariot regardé par Babet, Je rendrais, si j'osais, à son joli visage Les deux pesants soufflets que j'ai reçus en gage.

MADAME AUBONNE

Des soufflets à mon fils !

GUILLOT

Eh!... j'entends si j'osais...

Mais Chariot m'en impose, et je n'ose jamais.

l'intendant, se levant.

Jamais je ne pourrai suffire à la dépense. Ah ! tous les grands seigneurs se ruinent en France ; Il faut couper des bois, emprunter chèrement, Etl'ons'en prend toujours àmonsieur l'intendant... Çà, je vous disais donc qu'auprès d'une abbaye Une vieille baronne et sa fille jolie, Apercevant le roi qui venait tout courant... Le duc de Bellegarde était son confident : C'est un brave seigneur et que partout on vante ; Madame la comtesse est sa proche parente : De notre belle fête il sera l'ornement.

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