‹ Théâtre completChapitre 1392 sur 1720 · RARET · texte numérisé non relu

RARET

Il est très-beau... C'est lui. Les filles du village Trottent toutes en foule et sont sur son passage. J'y vais aussi, j'y vole.

LA COMTESSE

Oh! je n'entends plus rien.

JULIE

Ce n'est pas lui.

BABET, allant et venant.

C'e^t lui.

GUILLOT

Je m'y connais forl bien.

Tout le monde m'a dit: «C'est lui ! »la chose est claire.

l'intendant, arrivant à pas comptés.

Ils se sont tous trompés selon leur ordinaire. Madame, un postillon que j'avais fait partir Pour s'informer au juste et pour vous avertir, Vous ramenait en hâte une troupe altérée, Moitié déguenillée et moitié surdorée, D'excellents pâtissiers, d'acteurs italiens, Et des danseurs de cordes, et des musiciens, Des flûtes, des hautbois, des cors et des trompettes, Des faiseurs d'acrostiche et des marionnettes. Tout le monde a crié : « Le roi ! » sur les chemins; On le crie au village et chez tous les voisins; Dans votre basse-cour on s'obstine à le croire; Et voilà justement comme on écrit l'histoire.

GUILLOT

Nous voilà tous bien sots!

la comtesse.

Mais quand vient-il?

l'intendant.

Ce soir.

la comtesse.

Nous aurons tout le temps de le bien recevoir. Mon fils, donnez la main à la belle Julie. Bonsoir, Chariot.

le marquis.

Mon Dieu, que ce Chariot m'ennuie !

[Ils sortent : la comtesse reste avec la nourrice.) LA COMTESSE.

Viens, ma chère nourrice, et ne soupire plus. A bien placer ton fils mes vœux sont résolu- ; 11 servira le roi ; je ferai sa fortune : Je veux que cette joie à nous deux soit commune. Je voudrais contenter tout ce qui m'appartient, Vous rendre tous heureux; c'est là ce qui soutient, C'est là ce qui console et qui charme la vie.

MADAME AUBONNE

Vous me rendez confuse, et mon âme attendrie

Devrait mériter mieux vos extrêmes bontés.

Qui donc en est plus digne?

MADAME AUBONNE, tristement.

Ah!

LA COMTESSE

Nos félicités S'altèrent du chagrin que tu montres sans cesse.

MADAME AUBONNE

Ce beau jotir, il est vrai, doit bannir la trist<

LA COMTESSE

Va, fais danser nos gens avec les violons. Ton fils nous aidera.

MADAME AUBONNE

Mon fils!... Madame.... allons.

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