CHARLOT, ACTE II, SCÈNE IV
JULIE
Mais je crois qu'il m'est assez permis De prendre, quand je veux , devant madame Au-
[bonne, Pour danser un menuet, la leçon qu'il me donne.
LE MARQUIS
Il donne des leçons ! vraiment il en a l'air. Profitez-vous beaucoup? et les payez-vous cher?
JULIE
J'en dois tfvoir, monsieur, de la reconnaissance. Si vous êtes fâché de cette préférence, Si mon petit menuet vous donne quelque ennui, Que n'avez-vous appris... à danser comme lui?
LE MARQUIS
Ouais!
CHARLOT
Modérez, monsieur, votre injuste colère.
Vous aviez assuré votre adorable mère Que d'un peu d'amitié vous vouliez m'honorer; Mon cœur le méritait, il l'osait espérer.
(En montrant Julie.) Ce noble et digne objet, respectable à vous-même, M'a chargé dans ces lieux de son ordre suprême ; Ses ordres sont sacrés, chacun doit les remplir: En la servant, monsieur, j'ai cru vous obéir.
MADAME AUBOXXE.
C'est très-bien riposté; Chariot doit le confondre.
LE MARQUIS
Quand ce drôle a parlé, je ne sais que répondre. Écoute, mon garçon, je te défends... à toi,
(Chariot le regarde fixement.) De montrer, quand j'y suis, de l'esprit plus quemoi.
MADAME AUBOXXE.
Quelle idée !
JULIE
Eh ! comment faudra-t-il donc qu'il fasse?
LE MARQUIS
Il m'offusque toujours. Tant d'insolence lasse, Je ne le puis souffrir près de vous... En un mot, Je n'aime point du tout qu'on danse avec Chariot.